‹ Louis XI et les VillesChapitre 219 sur 305 · Ibid., p. 314 et suiv · texte numérisé non relu

Ibid., p. 314 et suiv

3. En outre, les habitants de la ville ne pourront plus percevoir les anciens droits, qu'ils avaient l'habitude de lever sur les marchandises que viennent acheter les bourgeois de la cité (cbtd., pp. 309-10).

&. Il veut « faire wider et mectre hors de ladicte ville d'Arras les habitans en icelle et y faire habiler et demourer noz autres bons et loyaulx subjetz des villes de nostre royaume... tant marchands de toutes marchandises que gens de tous estatz, mestiers et vacacions... »

5. Le lieutenant du roi à Arras recommande aux habitants d'Amiens de ne pas recevoir dans leur ville les Arrageois, même ceux qui sont «compaignons du mestier de sayeterie ». Cependant, plus lard, ces exilés s’établissent à Amiens et recoivent des statuts de l'échevinage.

(A. Janvier, Les Clabault, p. 140).

La ville d'Arras perd même son ancien nom : on ne doit plus l'appeler que Franchise.

Le 21 juin, une instruction relative à l'affaire est rédigée : on l'adresse aux villes : trois mille familles, prises dans tout le royaume, doivent se rendre à Franchise ; aux municipalités il appartient, on le sait déjà, d’acquitter tous les frais de déplacement et d'aménagement. Comme :l est naturel, les gens aisés ne veulent pas s’expatrier : ce sont donc les pauvres qui partent. Beaucoup de ces malheureux meurent en route : ceux qui parviennent au terme de leur voyage « trouvent dans la ville et cité de Franchise toutes les maisons vuides, desnuées de tous ustenciles, plaines d’immondices, et la pluspart en ruyne, descouvertes, desmolies en plusieurs endroits”. » Parmi ces ménagers, il en est beaucoup qui travaillent mal ; d’autres sont saisis de nostalgie : un artisan de Troyes, Velaine « est bon compagnon peigneur de draps, mais 1l ne veut, pour puissance qui vive, ouvrer de son mestier à Franchise, dût-on le tuer*. » Avant la fin de 1480, la ville est de nouveau comme déserte : presque tous les colons se sont enfuis*.

Il eût été raisonnable d'abandonner cette entreprise malencontreuse, mais Louis XI tient à son idée, et, par son obstination, il espère vaincre tous les obstacles. Il impose aux villes de nouvelles taxes ; il les oblige à fonder des bourses de commerce, qui leur coûtent fort cher. Les villes de Champagne, par exemple, doivent fournir quatre bourses, de 5,000 écus chacune. C'est une ruine générale : en septembre 1481, la municipalité de Troyes emprunte 1,800 écus d’or aux plus riches bourgeois de la ville*.

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