‹ Louis XI et les VillesChapitre 220 sur 305 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

3. Par ses lettres du 30 décembre 1480, Louis XI constate que « presque tous les mesnagiers, envoyés à Franchise, estoient povres gens mécanicques, lesquelz ne porroient vivre ne eulx entretenir sans avoir promptement aulcun secours et ayde en argent. »

&. Bourior, op. cit., p. 33 et suiv.

De nouveaux ménagers sont conduits à Arras : ils doivent surtout fabriquer des draps. Mais Louis XI s’y prend d’une facon bien singulière pour créer des industries nouvelles :. « Des femmes que vous demandez pour aprendre les vostres a faire des sayetes, écrit-il aux nouveaux habitants, le 30 janvier 1480, nous ne voulons pas que homme ne femme du pays demeure en la ville, sinon ceulx que avons ordonné ; mais se vous ou vos femmes voulez faire des sayetes et dautres marchandises que vous verrez estre necessaires, nous en sommes contens. » [Il est vrai qu'il accorde aux habitants la suppression des péages pour toutes les marchandises que l’on transporte à Arras’; il oblige aussi toutes les villes à acheter des draps fabriqués par les ménagers, à un prix double de la valeur réelle. Enfin, à la requête des colons, 1l leur octroie, en juillet 1481, une charte, une municipalité : 1l institue douze échevins pour deux ans; au bout de ces deux ans, il abandonnera l'élection aux habitants. Mais, en somme, il ne leur laisse que des libertés bien médiocres : il ne leur permet pas de tenir d’assemblée générale sans le consentement des ofliciers du roi ou en leur absence. Par contre, il leur accorde des avantages matériels considérables : il les exempte de tout subside, du ban et de l’arrière-ban ; 1l les soustrait à la juridiction militaire et les protège contre les excès des gens de guerre; il dispense les marchands de la compagnie française et des hanses de Paris, de Rouen, de Mantes ; il confère à l’échevinage les privilèges de noblesse. Tous les sujets du royaume peuvent se fixer dans la nouvelle colonie. Mais Louis XI ne fait point taire encore sa rancune : il déclare que les anciens habitants n'auront, à aucun prix, le droit de rentrer dans leur patrie’. — Toutefois, au traité d'Arras, de 1482, il doit capituler : il est obligé de permettre aux Arrageots de

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