Cf. Hewry, Æistoire de Roussillon, Paris
2. Dès octobre 1461, il les engage à maintenir énergiquement leurs droits et il leur envoie deux députés, Cadorat et Jean de Reïlhac (Lettres de Louis X1,t. I. p. 19) ; le 9 novembre, il leur écrit qu'il députe Henri de Marle à Jean II, afin de lui réclamer la mise en liberté de la princesse Jeanne (ibid., p. 22).
3. A la fin de 1462, Louis XI fait occuper la Navarre par ses troupes (cbid., pp. 88 et suiv.).
Mais bientôt les co-assiégeants se brouillent : le roi d'Aragon, en secret, excite Perpignan à la révolte.
Les habitants de Perpignan restaient très attachés aux rois aragonais, qui leur avaient conservé leurs anciennes coutumes, très libérales’, et, pendant le xv° siècle, leur avaient accordé de nombreux et d'importants privilèges. Pendant le siège de Barcelone, ils avaient montré à Louis XI les sentiments les plus hostiles: ils avaient refusé des vivres à Gaston de Foix et lui avaient tué un grand nombre de soldats. — En vain le roi essaie-t-il de rassurer les consuls sur ses intentions ; 1l ne tient pas ses promesses : il leur écrit, le 30 juin 1462, qu'il ne songe nullement à s'emparer de leur pays? ; ce qui ne l’empèche pas, dès le milieu de juillet, de préparer la conquête du Roussillon *. Bientôt il se donne comme le maïtre souverain : lorsque les députés de la ville, P. Ferregui et P. Estève viennent le trouver à Dax et le supplient de leur accorder des lettres de rémission, de confirmer leurs privilèges, Louis XI leur démontre qu’il est maintenant leur véritable seigneur : le Roussillon et la Cerdagne, déclare-t-il, constituent les gages des 300,000 écus, que lui a promis le roi d'Aragon, et qu'il ne pourra jamais payer‘.
Les bourgeois se révoltent cependant * ; ils bombardent le château, qu'occupe une garnison française. Mais la résistance ne peut durer longtemps : le 7 janvier 1462, l'assaut est donné par l’armée royale; le lendemain, les habitants se rendent corps et biens; le 9 janvier, les consuls et les
1. Ainsi, ils peuvent prendre part aux guerres privées des nobles; le viguier n'a sur eux aucune juridiction (Massor, Les Coulumes de Perpignan, Montpellier, 1848).