‹ Louis XI et les VillesChapitre 231 sur 305 · Dom Carmer, op. cüt., t. VI, Preuves, col · texte numérisé non relu

Dom Carmer, op. cüt., t. VI, Preuves, col

&. Bibl, Nat., francais 4880 (Inventaire Dufourny), p. 948.

D TbTA pp 1177;

6. Bibl. Nat. francais 6987, fo 1 et Collection de Lorraine, t. XI, fo 90. — Les officiers du roi de Sicile sont maintenus. Mais le roi de France est chargé exclusivement de la défense de la ville: c’est de lui seul que doivent dépendre la garnison, le capitaine de la ville et « tous officiers servans à la garde et défense » de la ville. — Les gens du roi cherchent aussi à s'établir à Saint-Mihiel. Le roi René proteste : « J'ai su, écrit-il à Louis XI, que les gens d'armes de la, compaignie du sieur de Craon veullent eulx logier et mectre en garnison en ma ville de Saint Michiel, estant du tout hors de vostre royaume eten ma souveraineté, dont jay esté et suis fort esmerveillié, et ne puis croire qu'il procède de vostre sceu et commandement. » (Bibl. Nat., francais 15538, f 341).

Le roi s’adjuge même un pouvoir souverain sur d’autres villes de Lorraine, qui ne lui appartiennent en aucune façon. En novembre 1475, le duc de Bourgogne se plaint de ce que, malgré la trêve, son armée ait été attaquée par les bourgeois de Nancy. Si le fait est bien constaté, déclare Louis XI, le duc pourra punir les bourgeois comme infracteurs de la paix”.

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En Savoie, et surtout dans la Bresse et dans le Bugey, c’est encore sur l'appui de la bourgeoisie que compte le roi de France pour marquer son autorité. — La ville de Bourg contient un assez grand nombre de marchands et surtout beaucoup d'hommes de loi; elle possède une organisation municipale complète : chaque année, l'assemblée des habitants nomme vingt-quatre élus, qui choisissent douze conseillers ; ces conseillers désignent deux syndics. Les bourgeois ont à lutter contre une vingtaine de familles nobles, qui possèdent des maisons fortes autour de la ville et qui refusent, en maintes occasions, de contribuer aux charges municipales. On n’est guère bien disposé non plus pour la maison de Savoie, qui accable la ville d'impôts et la ruine*. — Les rois de France cherchent à exploiter tous ces mécontentements ; déjà Charles VIT, faisant allusion à la faiblesse du duc Louis [°', avait écrit aux habitants de Bourg : « Il n'y a plus en Savoie ni ordre, ni justice. » Et, en réalité, de 1455 à 1460, une guerre effroyable, qui éclate entre les

4. « S'il appert que les habitans ayent tiré sur ses gens d'artillerie et autrement failly a puissance sur iceux avec les dis de Ferrete, et mesmes sur le logis de nostre dict frere et cousin, et en ce faisant bleché des gentilshommes de son hostel... » ( Coumixes-Lencrer, t. III, p. 443).

2. Charles Jarris, La Bresse et le Bugey ; leur place dans l'histoire, Bourg, 1885, L. IT, pp. 14 et suiv.

Bressans, sujets de Savoie, et les Dombistes, sujets de la maison de Bourbon, ravage toute la contrée".

Louis XI intervient encore plus activement dans les affaires de la Savoie : il est le gendre du duc et il a marié sa sœur Yolande à Amé, l'héritier du duché. Il aspire à la possession de la Bresse : il attire dans un guet-apens le seigneur du pays, Philippe, cinquième fils du duc Louis, et le garde prisonnier. Les Bressans n'approuvent guère la conduite du roi; mais Philippe, rendu à la liberté, mécontente au suprême degré les habitants de Bourg : 1l traite avec les Bourguignons, ce qui provoque l'invasion d'une armée française et d’épouvantables ravages. Philippe les indispose encore contre lui en exemptant les nobles et les docteurs, ses conseillers, de l’obligation du guet et de toute contribution municipale. — Louis XI, au contraire, est assez habile pour se faire bien venir de la bourgeoisie de Bresse et de Savoie : aussi, lorsqu'en 1468 1l se présente aux États, concurremment avec le duc de Bourgogne, pour implorer l'alliance du pays, si les nobles votent pour les Bourguignons, les bourgeois soutiennent hautement le parti de la France. Philippe s'efforce de regagner la sympathie des Bressans et des Savoyards *; en 1471, après avoir épousé Marguerite de Bourbon, 1l marche sur Chambéry avec une armée de Bressans, de Bourguignons et d’Allemands ; en 1472, après la mort d’Amé IX, la duchesse Yolande entre dans la coalition qui s’est formée contre Louis XI, et, jusqu'en 1476, soutient les Bourguignons. Pendant toute cette période, la bourgeoisie reste dévouée au roi de France ; grâce à son influence, après le désastre de Morat, les

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