Zbid., pp. 9 et suiv
2. Aïnsi, il déclare que tous ceux, qui habiteront la ville, de quelque condition qu ils soient, contribueront aux frais des fortifications: il permet aux bourgeois de fixer eux-mêmes la quotité de leurs impôts municipaux ; il rend des ordonnances pour prévenir les excès que pourraient commettre ses officiers (Brossarp, Cartulaire de Bourg en Bresse, pp. 462 ct suiv.).
États lui offrent la curatelle du jeune Philibert et déclarent rompu le traité d'alliance qui les lait au duc de Bourgogne. Philippe de Bresse lui-même, sous l'empire de la nécessité, fait sa soumission au roi. Louis XI, pendant un an, confie le gouvernement de la Bresse et de la Savoie à la bourgeoisie. Cette politique lui réussit : en 1477, il est vrai, Yolande revient à Chambéry; mais, à la mort de cette princesse, il reprend son influence sur le pays et la conserve intacte jusqu’à son dernier jour.
Pour lutter contre Les dernières maisons féodales, Louis XI recherche l'alliance des villes de leurs domaines. Il gagne rapidement à sa cause la Guyenne, que de nombreux intérêts lient à l'Angleterre, et la Normandie, qui a conservé le souvenir de son autonomie et a espéré, sous le gouvernement de Charles de Berri, recouvrer son indépendance. — Il ne perd jamais de vue les villes de Picardie, qui considèrent le roi de France comme leur légitime seigneur ; grâce à son habileté, 1l en devient définitivement le maître. — Sur les villes féodales, l’action de son pouvoir s'exerce avee une activité croissante ; les seigneurs eux-mêmes n’osent plus protester contre son intervention journalière, — C’est dans les domaines de la maison de Bourgogne que le roi essaie surtout de se concilier les sympathies de la bourgeoisie du vivant de Charles le Téméraire, 1l prend à tâche de la corrompre ; à la mort du due, il lui prodigue ses faveurs et lui démontre les avantages que lui procurera l’annexion à la France. Les révoltes qui éclatent contre son autorité sont l’œuvre de la populace : les notables tiennent son parti. Dans la Comté, les villes résistent plus longtemps, mais elles finissent par se rendre. — Quant aux cités d'Artois, de Flandre et de Hainaut, elles deviennent rapidement hostiles à Louis XI : le roi manque de patience, s’abandonne à la colère et, par son imprudente précipitation, manque sa conquête. — En Roussillon, il commet les mêmes fautes : il ne peut pardonner aux bourgeois la fidélité qu'ils gardent à leur
ancien seigneur, le roi d’ Aragon. Dans les États voisins, qui sont étrangers au royaume, en Lorraine, en Savoie, en Bresse, c’est encore sur la bourgeoisie que compte Louis XI pour faire pénétrer son Mrs