Bibl. Nat., ms. fr. 20494, fos
Le roi, dans l'intérêt du commerce, abolit même quelques coutumes, que la municipalité considère comme faisant partie de ses privilèges. Lorsqu'un navire de nationalité anglaise avait séjourné quinze Jours ou trois semaines devant Bordeaux, le maire, de sa propre autorité, pouvait ordonner aux marins de partir sur-le-champ ; c'était la ruine pour ces commerçants : il leur fallait vendre leur cargaison à vil prix, acheter du vin à un taux exagéré ou bien débourser une forte somme pour obtenir de la municipalité une nouvelle licence. Louis XI, par ses lettres du 8 septembre 1476, supprime cet abus: il dispense les Anglais de se procurer un sauf-conduit ; au lieu d'attendre à quinze lieues de Borver leurs
marchandises dans le port même, de résider dans la ville
deaux, ils auront la permission de venir déchar
sans en demander l'autorisation au maire ; nul ne leur défendra de prolonger leur séjour au delà de trois semaines; ils pourront circuler hors de leur domicile avant sept heures du matin et après sept heures du soir, sans risquer d’être arrêtés et rançonnés. Le prévôt, au lieu de quatre livres, ne prendra que cinq sols sur chaque navire de cent tonneaux”. En 1482, les Anglais recoivent de nouvelles faveurs : on a décidé qu’en temps de paix ils ne seraient plus astreints à demander au maire un permis de séjour, et qu'ils pourraient librement sortir de la ville pour conclure leurs achats*. Toutefois, la sécurité n’est pas encore complète : « Les marchans de cestui mon royaume d'Angleterre », écrit Richard IIT au roi de France, « voyans lez grandes occasions a eulx donnees par vos subges en prenant les navires et marchandises et autrement, doubtent grandement de eulx aventurer a Bourdeaulx et ailleurs en vostre obeissance, jusques à ce quilz puissent estre asseurez par vous de pouvoir seurement et
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