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Les habitants, mème les notables, obéissent passivement aux ordres des magistrats et n'exercent sur les corps de ville aucun droit de contrôle. Il se trouve cependant quelques exceptions: à Aurillac, les notables, au nombre de 222, s’insurgent contre le corps de ville : ils nomment des procureurs, chargés de révoquer les consuls et les conseillers, et, au besoin, d’instituer de nouveaux magistrats, de demander communication des comptes municipaux tenus depuis seize ans, d'exiger la restitution des sommes extorquées aux bourgeois, de réformer la police et le gouvernement de la ville, enfin de diriger provisoirement toute l’administration?. Mais c’est un cas extrèmement rare. À Lyon, en 1482, un notaire, Laurens Bertholon, tente d’exciter les habitants contre les conseillers, qu'il accuse d’avoir fait monter le prix du blé, dans leur intérêt particulier ; mais il ne peut faire naître le moindre trouble: les Lyonnais ont pleine confiance dans leur Consulat”.
La communauté des habitants a perdu toute autorité ;
4. Vanix, Aistoire de Rouen, 1710, p. 263. — À Bazas, ce sont Îles bourgeois eux-mêmes, qui demandent la diminution du nombre des jurés (Archives historiques de la Gironde, t. XV, p. 52).
2. Cf. Bourrrer, Tablettes historiques de l'Auvergne, tome IIT (1842), p- 252 èt suiv.
3. « Silz y perdoient, dit-il, ilz mectroient taille sur le peuple pour
les récompenser. » (Arch, mun. de Lyon, BB 352).
presque partout le corps de ville exerce un pouvoir souverain. Si le roi veut ruiner ce qui reste des libertés municipales, il lui suflira de dominer les magistrats.