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FABLE raisons de cette conduite ? Peut-être Louis XF est-1l mécontent de lPadministration des échevins ; peut-être ses griefs sont-ils tout à fait insignifiants”. Malgré cet affront, la ville ne dément pas son ancienne fidélité ; elle prend une part active à la guerre, que le roi a engagée contre le duc de Bourgogne; à chaque instant, elle envoie des vivres, des munitions, des armes aux ofliciers royaux. Louis XI éprouve sans doute quelques remords, car en mars 1482, il change encore une fois la constitution de Troyes ; il reconnait que les commissions temporaires n'ont fait que de la mauvaise besogne. Un maire et huit échevins seront institués chaque année; l'élection sera faite par les anciens échevins, les vingt-quatre conseillers et soixante-quatre notables. Le corps de ville aura juridiction souveraine en matière de voirie et de police ; il aura pleine puissance d'examiner les comptes des receveurs et pourra défendre aux ofheiers royaux d'exercer aucun contrôle à ce sujet: exception est faite seulement pour la clôture du compte général des deniers communs, qui aura lieu en présence du baulli. D'ailleurs l’assemblée générale ne pourra se tenir en l’absence des officiers. La Chambre des Comptes veut encore s'opposer à ces privilèges: elle ne consent à « vérifier » l'ordonnance qu'après une minutieuse enquête ; mais elle exige que le maire n'ait plus que le titre de président de l’échevinage*. Il est bien évident que Louis XI n’a jamais consulté les désirs des habitants, et que sa volonté seule a décidé despotiquement de toutes ces transformations.
Un corps de ville s'est-il montré coupable ou négligent dans l’accomplissement de ses devoirs : le roi n'hésite pas
1. D'après une requête contemporaine, le roi aurait vu avec déplaisir l'échevinage de Troyes présidé par Oudart Hennequin, qui était beau-frère de Nicolas Mauroy, lieutenant du bailli (BiblNat res sr 6982, fo 456). — Déjà, en 1470, des bruits fâcheux avaient couru sur la fidélité de Troyes : à ce moment, Louis XI déclare aux habitants qu'il n'y a prêté auçune attention (Lettres de Louis XI, t. IV, p. 108).