Bourior, op. cit., t. IT, p. 154 et suiv
à prendre en main l’administration municipale. À Montreuilsur-Mer, en 1464, on a nommé comme magistrats des « gens mécanicques », de simples artisans, dont l'inexpérience endette la ville". Louis XI envoie une commission pour réformer les finances, régularise les élections et se réserve pour trois ans la nomination de douze conseillers chargés de surveiller le gouvernement local?.
En maintes occasions il viole toute légalité, il brise les privilèges qu'il a octroyés de son plein gré : c’est ainsi qu'il agit avec les gens de Beauvais, dont cependant 1l n’a qu'à se louer, et qui par leur belle défense ont découragé les Bourguignons en 1472. Sans raison apparente, et sans doute pour marquer son autorité, 1l interdit, en 1475, les élections municipales et désigne comme maire Jean Legoix, lieutenant du capitaine de la He en même temps, les habitants recoivent l’ordre de débourser 600 livres comme contribution à l'indemnité qu'il a promis de fournir au roi d'Angleterre. Cependant les bourgeois manifestent la plus vive Te contre Legoix et refusent d'accepter son serment ; le roi veut les punir en désignant d'office le clere de la Te En vain lui envoie-t-on des députés, pour apaiser sa colère: il exige que Legoix finisse son temps ; il établit qu'à l'avenir les bourgeois dresseront une liste de quatre ou einq notables, sur laquelle il choisira le maire. Et c'est seulement en 1477 qu'il rend à la villele droit d’élire annuel-
lement ses magistrats”.
1. Elle doit au roi 1200 livres parisis, et à la recette des aides, 1,000 livres tournois. Les dépenses excèdent les recettes de près de 1,300 livres.
2. Ord., t. XVI, p. 234, 241 et suiv., et Louaxpre, Histoire d’Abbeville et du comté de Ponthieu jusqu'en 1789. Abbeville, 1844, t. IT, p. 262.
3. Arch. mun. de Beauvais, BB 10, et Dove, /istoire de Beauvais, Beauvais, 1842, t. I, p. 119 ct suiv.
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Les officiers royaux se montrent encore plus autoritares que leur maître: ils s'efforcent, en mille manières, de restreindre les privilèges des municipalités. La Chambre des Comptes semble particulièrement dure ; en 1462, elle fait de grandes difficultés pour accorder à Compiègne l'apetissement du vin'; aux bourgeois de la Rochelle elle refuse de reconnaitre l’exemption des subsides royaux, déclare que l'octroi de 2,000 livres tournois, qui leur à été donné, ne sera valable que pour dix ans, et établit une foule d’autres restrictions?. Par sa rigueur, elle manque parfois de causer de sérieux préjudices à la politique royale : en 1470 elle refuse de vérifier Les lettres d'octroi, que Louis XF vient d'accorder à Saint-Quentin : c'est une maladresse insigne, car à ce moment mème se prépare la conquète des villes de la Somme. À Troyes, le procureur s'oppose de toutes ses forces aux statuts, que les habitants ont reçus de Louis XI en 1482: si l'ordonnance est enregistrée, déclare-t-1l, ce sera pour le domaine royal une perte annuelle de 3,000 livres tournois. D'ailleurs, ajoute-t-1l, ce n’est qu'une minorité de notables qui réclame l’échevinage : comment le roi ne craint4l pas d’amoindrir son autorité, en faisant de Troyes une « ville de commune » ? Louis XI se montre plus généreux que ses agents ; il charge Pierre Hennequin d'étudier la question, de se livrer à une longue et minutieuse enquête ; et c’est en connaissance de cause qu'il ordonne l'enregistrement des
nouveaux statuts”.
1. Le roi maintient cependant son ordonnance, sans y rien changer (Ord., t. XV, p. 364).