‹ Louis XI et les VillesChapitre 75 sur 305 · FH O2 D · texte numérisé non relu

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partir en campagne aucun des habitants de Paris; n'a-t-il point besoin de se ménager leur bienveillance ? (Bibl. Nat., fonds francais n° 20490, fo 59). — En 1465, les bourgeois de Troyes ont été autorisés à garder les nobles, qui habitent la ville, pour les employer à la défense de la place ; mais en 1470, on veut convoquer ces nobles à l'armée royale : les habitants adressent alors leurs réclamations à Louis de Laval, gouverneur de Champagne: ce dernier leur éerit qu'il n’a pu encore entretenir le roi de ce sujet : les possesseurs de fiefs devront donc se rendre « aux monstres » : toutefois, si l'on voulait les faire partir en campagne, « envoiés devers moi, ajoute-t-il, et je les excuseray envers le Roy et feray quil sera content quils demeurent pour la garde de ladicte ville. » (H. Srex, Lettres missives des XVe et XVIe siècles, conservées aux archives municipales de Troyes, dans l’Annuaire-Bulletin de la Société de l'Histoire de France, année 1888, p. 187). 6. Arch. mun. de Poitiers, Cart. 98, n° VIT, pp. 37 et 174.

malgré les anciens privilèges, ils contraignent les Toulousains à figurer aux « monstres »; ils condamnent à de fortes amendes tous ceux qui font mine de résister. Louis XI, il est vrai, réprimande sévèrement ses agents : il n’a pas entendu porter atteinte aux libertés de Toulouse, dont la sécurité importe à la chose publique’.

Louis XI subordonne toute considération à l'intérêt de l'État : en 1 475, Jacques de Beaumont, seigneur de Bressuire, écrit aux habitants de Poitiers que tout privilège doit tomber, lorsqu'il s’agit du salut du royaume : « ... Et croy bien, ajoute-t-1l, qu'il faudra, quelque privilège que vous ne aultres aiez, que chaseun secoure et aide à ce besoing et que vous fournissés de quelque nombre de gens pour venir a la couste et de deux ou trois pieces d’artillerie?. » Les sujets ne doivent-ils pas tout sacrifier au « bien et à l’honneur » du roi et à la « conservation de sa seigneurie” ? »— En un mot, le roi agit en maître absolu. La garde et le guet restent pour les villes une pénible obligation.

1. En effet, elle « est le chief entree et principale ville des pays de Languedoc et Gascoigne, assise sur les frontières d'Espagne et d'Aragon ». Cf. Arch. mun. de Toulouse, AA 3, nos 281 et 287. — En 1469, le comte de Dammartin reconnait qu'on a violé les privilèges de Saint-Flour, en voulant forcer les possesseurs de fiefs nobles à se rendre à la convocation du ban et de l’arrière-ban : on a même confisqué les biens de ceux qui refusaient obéissance (Ord., t. XVII, p- 298).

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