PONT
— Elle occasionne des dépenses considérables. À Reims, l’on fournit par mois à chaque lance une queue de vin coûtant 10 livres; la moitié d’un bœuf de 60 sous ; deux moutons de 50 sols ; le tiers d’un « lard » de 20 sols ; et pour le logis des chevaux, il faut débourser chaque jour un denier ', À Poitiers, les bourgeois désignés pour loger des hommes d'armes sont promptement ruinés; le Conseil de Ville décide donc que « lon prendra des plus notables gens de la ville jusques au nombre de deux cens personnes qui bailleront chascun cinq solz par an, laquelle somme sera mise, convertie et employée et baillée aux hostes ou seront logez lesdis gens d'armes » ; et encore ne compte-t-on pas les 30 sous tournois que la ville est obligée de fournir par mois à chaque lance*. — Voilà des exemples de dépenses ordinaires et légales ; mais faut-il compter pour rien tous les rançonnements arbitraires, tous les dégâts commis, toutes les violences exercées par une soldatesque mal disciplinée ?
Louis XI, à l'exemple de ses prédécesseurs, et plus énergiquement encore, s’eflorce de mettre fin aux excès des gens d'armes, d'imposer aux soldats une discipline régulière *. Il veut qu'ils «soient pugniz comme les autres », qu'on leur applique le droit commun. A ce sujet il promulgue un grand nombre d'ordonnances précises et détaillées : en 1464, 1l défend aux hommes de ses compagnies, « sous peine destre privez de l'ordonnance et pugniz corporellement », de «prendre ou contraindre le peuple à eulx bailler aucuns logeiz et utenciles non ainsi que par lesdis commissaires et la justice desdis lieux sera ordonné * ».
1. Vari, Statuts, p. 768-69 (note). — On fait crédit aux gens de guerre jusqu'au payement de leur quartier (Varin, tbtd., p. 778).