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humblement qu'il peut, qu'il vous plaise lui pardonner de ce qu'il n’a plus tôt envoyé devers vous. Sire, il m'a ci envoyé pour vous prier et supplier très humblement qu'il vous plaise, en l'honneur de Dieu et de Notre Dame, lui pardonner toute déplaisance que vous pourriez avoir eue à l’encontre de lui. Sire, comme vous savez, cette chose ci a eu bien longue durée...Il y veut mettre et son cœur et son âme... » Le roi ne répond pas et dit à l’envoyé du dauphin dese rendre à Gannat. Il communique les lettres de Monseigneur, contresignées par Bourré, et qui sont déjà dans un autre esprit que les déclarations verbales de Courcillon. Le dauphin promet au roi de le servir, de renoncer à ses alliances, de ne pas passer le Rhône sans son congé; mais que son père lui donne un blanc-seing, pour lui et ses serviteurs, en Dauphiné'. Car Louis entend couvrir les siens et assurer sa propre personne. Or Charles estime qu'il n’est ni honnête ni sage de « marchander ainsi son père ».
La situation était sans issue. Charles n'avait aucune confiance dans un engagement de Louis; Louis avait une terreur panique de son père, bien qu'il se donnât comme « bon et piteux père ». 11 lui semble que ses gens d'armes vont l’enclore dans son Dauphiné, et que le roi va venir le prendre comme la souris en son trou”. La terre ne lui paraît pas assez grande pour lui offrir un abri. On rapporte à Louis que le roi veut lui substituer son frère, « le petit seigneur ».
Le dauphin a résolu de s'enfuir secrètement. Prenant avec lui quelques familiers, le seigneur de Montauban, Breton, Jean de Lescun, le bâtard d'Armagnac, le 30 août 1456, le voici qui galope sur la route de Saint-Claude, comme s'il se rendait à un pèlerinage. Louis y fait dire trois messes, écritun billet au roi Charles. Son oncle de Bourgogne a l'intention
1. Bibl. Nat., ms. fr. 15537, fol. 23 ; Duclos, III, p. 76, 79 ; Beaucourt, IV, p. 797.
2. Chastellain, 1I1, p. 178. Chabannes venait d'avertir le roi que Louis faisait armer ses sujets (Duclos, III, p. 100).