‹ Louis XI. Tome premier: Le dauphinChapitre 105 sur 129 · Jbid., p · texte numérisé non relu

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reux, faisant payer largement les conseillers du duc de Savoie. |

Le roi Charles était furieux. Le dauphin était ravi. Il se prépare à une expédition militaire en Italie avec Louis de Savoie. Il passe la revue de ses gens de guerre. Il s’initie à la politique italienne, au temps où Sforza vient de s'emparer de Milan, quand Venise va former une ligue contre Sforza pour qui prenaient parti le roi Charles et les Florentins. Mensonges, poison, trahison, double jeu, rien ne manque à l'imbroglio?. Mais le conflit s’apaise sans qu'on en vienne aux armes.

Et Louis, non sans inconscience, fait une fois de plus des offres de service à son père pour la campagne de Guyenne; car il a su, renseigné avant lui, « qu’il était descendu une grosse armée d’Anglais en Bordelais ». Mais Charles demeure inflexible : si le dauphin avait obéi comme il devait le faire, comme un fils doit obéir à son père, il lui eût donné une réponse satisfaisante*. Et le roi faisait rédiger des lettres circulaires”, exposant tout au long quels avaient été leurs rapports, démentant les paroles qu'on lui prêtait; il déclarait qu'il allait lui enlever son Dauphiné, qu'il y avait quatorze points par lesquels un père peut déshériter ses enfants et que Louis tombait sous le coup de sept.

Des négociations se poursuivent à Pierrelatte, à Valence. Louis s'explique. Quelle sûreté lui donnera son père, si puissant, en comparaison de ce qu'il peut? Ne veut-il pas le déshériter® ? Non, le dauphin ne se livrera pas. Et le voici poursuivant ses préparatifs de guerre ou de résistance, achetant des armes, fortifiant ses places. Il songe à marcher sur Gênes, à se retourner contre la Bresse; il entretient des rela-

. Pilot de Thorey, p. 322.

. Beaucourt, V, p. 154-181. Cf. Duclos, III, p. 76 et 65.

. Lettres, 1. p. 67.

. Mathieu d'Escouchy, I, p. 442.

. Beaucourt, V (8 novembre 1453).

. Bibl. Nat., ms. Du Puy, 762, fol. 19 (Beaucourt, V, 184 n).

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tions avec le duc de Bourgogne, le duc d’Alençon, le comte d'Armagnac, le duc de Milan. On ne comprend plus, et comme le dit de lui la dépêche de l’ambassadeur milanais, Louis à homo inquielo et cupido de nove cose!.

Les événements vont se précipiter. Au mois d'août 1455, une mission importante est confiée à Dunoïs et au connétable. Ils partent pour Genève afin de régler toutes les questions en litige entre le duc de Savoie et le roi?. Chabannes est envoyé à Lyon pour diriger,s’il y a lieu, les opérations militaires.

Alors le dauphin est pris de cette « peur sauvage » dont parle Georges Chastellain®. Déjà il se voit le prisonnier de son père. Il se retourne, poussant un cri d'alarme, vers ceux qui n'ont jamais cessé de conspirer : Bretagne, Armagnac, Bourgogne. Il écrit au duc d'Alençon“ : « Mon parrain, ne me faillez pas au besoin, et ne faites pas comme le cheval au pied blanc! » Louis apprend que le roi vient en effet de s'établir dans le Bourbonnais, à Saint-Pourçain. Il n’est plus loin. Son conseil proteste contre un impôt mis par Louis sur les blés importés du royaume. Alors le dauphin imagine d'adresser à son père un Cordelier qui agirait sous mandat. Puis il décide d'envoyer vers lui l’un de ses chambellans, Guillaume de Courcillon, chevalier, pour voir si « par belles paroles et humbles » le courroux du roi pourrait être calméf.

Charles prend la lettre de créance du dauphin. Il ne demande même pas de ses nouvelles : « Dites pourquoi vous êtes venu. » Et Courcillon répond : « Sire, Monseigneur se recommande à votre bonne grâce, et vous supplie, le plus.

. Cité par Beaucourt, VI, p. 65 n.

. Beaucourt, VI, p. 71.

. IE, p. 62-53.

. Bibl. nat., ms. fr. 16447, fol. 80.

5. Le cheval qui passe librement devant le péage, par extension celui qui promet et ne tient pas.

6. Chastellain, III, 55. Bibl. Nat., ms. fr. 16207, fol. 185 (ambassade de Courcillon, r7 avril 1456); fr. 15537, fol. 3; fr. 2811, n° 27; Lelires, 1, 52, 73, 79; Duclos, III. p. 81 et 55,

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