‹ Louis XI. Tome premier: Le dauphinChapitre 111 sur 129 · PHOTO 4. GIRAUDON GRAV. BRAUN · texte numérisé non relu

PHOTO 4. GIRAUDON GRAV. BRAUN

Philippe, dit le Bon, duc de Bourgogne Charles, duc de Bourgogne, fils de Philippe, dit le Téméraire (Recueil de portraits d'Arras)

salut,et de s’agenouiller de nouveau. Louiss’inclinealors fort bas, pre nd son oncle par le bras: ils montent ainsi les degrés. Et le duc a refusé, ce que lui proposait son grand écuyer d'écurie, Hervé de Mériadec, de faire porter l’épée devant lui à Bruxelles, en‘présence du dauphin.

Phili ppe avait alors soixante ans. C'était un prince français QUI ne voyait rien au-dessus de la couronne de France, qu'il avait cependant combattue une partie de sa vie et dont ildeme urrait encore l’ennemi. Mais il était terriblement vaniteux ét glorieux. Il accueille Louis comme un protecteur. C'est Sa ns doute le rêve de Philippe le Bon d'être le tuteur de la Couronne de France, l'arbitre de la querelle du père et du fils. Louis, entre ses mains, est un gage?.

Le dauphin ayant exposé les raisons qui l’obligeaient à s'expa trier, le duc lui avait répondu : « Monseigneur, vostre venue par deça m'est une grant joye en cœur: je loue Dieu et vous de l'honneur et de la bonne aventure que j’ay aujourduy à vostre cause, et aussi soiez vous venu comme fut l'ange Gabriel à la Vierge Marie, car si grant joye ne reçus oncques, ne tant d'honneur que une fois en ma vie je vous ay pu veoir et recevoir en mes pays, qui vostres sont et à vostre service“. »

Louis est troublé par ces paroles affectueuses. Il tente de faire relever Philippe et lui répond : « Par ma foy, beaux oncles, si vous ne levez, je m’en iray et vous laisseray. Vous estes le seul au monde que plus ay desiré à veoir, longtemps a; et appert bien, car j'en suis venu de bien loin et à grant dangier. Sy loue Dieu que je vous treuve sain et en bon estat, et m'’estla plus grant joye que j’eus oncques quela vue de vostre personne. Beaux oncles, si Dieu plaist, nous ferons

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