Chastellain, III, p. 192. — 2. Ibid., p
3. Le 26 octobre, il annonce au roi son arrivée à la cour de Bourgogne et proteste contre l'occupation du Dauphiné par les gens du roi (Lettres, 1, p. So-8r).
h. Chastellain, III, p. 199.
Louis se présente bien ; il fait le galant, prend le bras de Madame la duchesse et veut la mettre à sa droite. C’est un honneur dont elle a honte : « Monseigneur, il semble que - vous ayez désir que l’on se moque de moi, car vous me voulez faire ce qui ne m'appartient pas’. » Le dauphin répond qu’il lui convient d’honorer Madame de Bourgogne, car il est bien le plus pauvre du royaume de France, celui qui ne sait où trouver refuge, sinon devers son bel oncle, le duc Philippe, et elle. La discussion avait duré un quart d'heure, et il fallut bien que le dauphin cédât. Mais il prit le bras de la duchesse, ce qu'elle ne voulait pas non plus souffrir, protestant que pour rien au monde elle n'irait à sa main ou sur la même ligne. Elle doit se rendre. Ainsi le dauphin la mène dans sa chambre, qui était celle du duc. En prenant congé, la duchesse s'agenouille de nouveau jusqu'à terre, ainsi que les autres princesses, dames et demoiselles. Et le dauphin dépêche alors un de ses gens en Hollande pour faire part au duc de son arrivée.
Il y a lieu de croire que le duc Philippe était vraiment embarrassé et résolu à ne pas se rendre à Bruxelles avant d’avoir les instructions du roi. Mais Charles ne lui donne pas d'indications *. Philippe revient donc à Bruxelles où il arrive le 15 octobre. Une fois de plus, Louis tient à déployer la plus parfaite galanterie et même à montrer humble soumission. Il s’avance avec la duchesse et sa belle-fille jusqu’au milieu de la cour pour lui souhaiter la bienvenue, au lieu de l’attendre dans sa chambre, comme l’indiquait l'étiquette. Et quand Philippe voit que le dauphin laccueille ainsi, il descend de cheval à la porte du palais et s’agenouille. Le dauphin veut s'élancer vers lui ; la duchesse le retient par le bras, ce qui donne à Philippe le temps de faire son second
/ 1. Aliénor de Poitiers, Les Ionneurs de la Cour, dans les Mémoires de l'ancienne Chevalerie, II, p. 166-167. , 2. Bibl, nat., ms. fr, 5o4r, fol. II, cité par Beaucourt, VI. p. ro1. Cf. Duclos, III, P. 109, 112.