‹ Louis XI. Tome premier: Le dauphinChapitre 117 sur 129 · Reiffenberg, Mémoire · texte numérisé non relu

Reiffenberg, Mémoire

avait été mis en la main du roi, le 8 avril 1457 ; et le fils avait dû se soumettre à la volonté formelle de son père. Jean de Croy, Simon de Lalaing, Jean de Cluny, Toison d'Or, ambassadeurs de Philippe le Bon,se contentèrent de confirmer la soumission du dauphin®. De loin en loin, on voit Louis faire acte de souverain, distribuant des pensions et des charges aux officiers qui lui étaient demeurés fidèles. Ainsi Jean bâtard d'Armagnac, fut désigné nominalement comme gouverneur du Dauphiné*. |

L'esprit de Louis est agité. On le renseigne, de Vienne, sur ce qui se passe dans l’Empire, où les gens d'Allemagne attendent beaucoup de son intervention, de celle de Philippe et du roi son père“.

Mais si l'humeur chagrine du roi Charles ne cessa de se manifester pendant le séjour de Louis à la cour de Philippe le Bon, le duc de Bourgogne, du moins, se montra d’une rare correction et toujours chevaleresque. Quand les ambassadeurs de France le pressaient de livrer Louis, il faisait répondre qu'il ne l'avait ni séduit ni encouragé à venir chez lui, qu’il s’y était rendu par la crainte qu'il avait de son père. Philippe avait reçu Louis pour l'honneur du roi, l'avait aidé de ses biens au mieux qu'il avait pu. Tant qu'il aurait un denier, Louis en aurait la moitié. Jamais le grand duc ne lui avait interdit de rentrer en France : s’il en avait besoin, il l'y accompagnerait même pour que rien de fâcheux ne lui arrivât.

Mais Philippe le Bon pouvait bien se douter qu'en agissant ainsi il déplaisait fort au roi de France.

1, Chastellain, II, p. 225, Bibl. nat. fr. 16208, fol. 201%.

Page 1