Basin, 1, p
2. Chastellain (II, p. 448-449) laisse entendre clairement qu'il consulta les astrolagiens sur la fin de son père, ce dont Philippe se scandalisa.
3. Bibl. Nat., ms. fr. 20855 fol, 21, cité par Beaucourt, VI. p. r40; Duclos, II, p. 196; Commynes, éd, Lenglet du Fresnoy, Il, p, 301,
: oo LA MORT DU ROI CHARLES 235
mort du roi. Le dauphin partait pour Avesnes, sur la route de Reims. Devant ses yeux est déjà le sacre’. Il ne s’agit plus maintenant, de préparatifs de guerre ; et il écrit au duc de Bourgogne? : « Si le cas advient que vous oez dire qu'il soit trespassé, nous vous prions que incontinent vous montez à cheval et vous en venez, vous et touz vos gens en leur abillement, par devers nous, vers les marches de Rains. »
Ainsi Louis commande. :
Et le père, là-bas, à Mehun, agonise, refusant, pendant près de huit jours, de prendre de ka nourriture, car il n'ose se fier à nul de ses gens. Le comte de Foix, celui-là, est un homme en qui il a confiance. Le peu que Charles puisse avaler, c'est de sa main qu'il le prend. Mais déjà les organes sont inertes. Ainsi le roi dure jusqu'au 22 juillet. Charles a gardé sa connaissance : « Quel jour est-ce? demande-t-il aux religieux qui l’entourent. — Sire, il est le jour de la glorieuse Madeleine. — Ah! fait-il, je loue mon Dieu et le remercie de ce qu’il lui plaît que le plus grand pécheur du monde meure le jour de la pécheresse. » Elle est là, la pécheresse, devant ses yeux, rayonnant encore de la beauté de la femme.
Alors Charles se confesse, reçoit l’extrême-onction, demande à être enterré à Saint-Denis, dans la chapelle où reposaient son père et son grand-père. Il regarde Chabannes et lui recommande de servir fidèlement le « petit seigneur », son fils. Gar Charles de Guyenne n'estpas mauvais enfant comme Louis. Et comme Chabannes l’exhorte encore à prendre quelque nourriture, disant que, s’il se défiait de quelqu'un, il lui fit faire son procès et tirer à quatre chevaux, le roi répond : & Je remets la vengeance de ma mort à Dieu! » Ainsi il passe entre midi et une heure, à l’âge de cinquante-huit ans*. |
Dans les derniers jours de juillet 1461, un convoi s’acheminait vers Paris. L
1. Amb. Mil., 1, p. 7. — 2. Beaucourt, VI. p. 339. — 3. Leltres, 1, p. 143-144. — 4. Beaucourt, VI, p. 442-443. — ‘6. Mathieu d'Escouchy, Il, p. 424-444 et preuves, IT, p. 59-79 ; Ghartier, II, p. 114-121; Beaucourt, VI, p. 443-444.
236 LOUIS xl
Il y a là, sur le chariot branlant, recouvert de velours noir et traîné par cinq chevaux, l’image du roi. C’est une cire, faite à sa ressemblance, un mannequin dans la robe royale de velours bleu fourré d’hermine et menu vair, avec le manteau semé de fleurs de lys, la couronne d’or, les pierreries, le sceptre et la main de justice en argent. Charles d'Orléans, tout blanchi, mène noblement le deuil, lui qui a eu si peu l'occasion de paraître, et qui porte ses nonchalances et le poids de sa rêverie; le comte d'Angoulême, courbé; le marquis de Saluces, Charles de Gauvourt, Rochefort, le baïilli de Touraine, le prévôt de l'hôtel, les vieux serviteurs de Charles le bien servi, suivent. On dit un service à Notre-Dame-des- Champs. Une procession accompagne le corps à Notre-Dame, où M° Jean de Chasteaufort prononce l’oraison funèbre sur le thème : Memento judicii mei, Domine, rappelant la piété du défunt. À Saint-Denis, la nef est tendue de satin noir, et c’est
M° Thomas de Courcelles, docteur en théologie, le mauvais
juge de Jeanne d’Arc,qui prononce l'éloge de celui qui devait tout à la Pucelle. | |
Alors on descend le corps dans la chapelle où reposaient Charles V et Charles VI. Et quand l’officiant eut jeté sur le cercueil la première pelletée de terre, le héraut d'armes s'approcha et, inclinant sa masse, dit : « Priez pour l’âme du très excellent, du très puissant et très victorieux prince Île roi Charles, septième de ce nom ! » Il y eut un moment de silence, des sanglots. Puis le héraut releva sa masse d'armes en criant : « Vive le roil »
Et les secrétaires répondirent : « Vive le roi Louis! »
Planches.
I. — Messire Philippe de Commynes.. . . . . . . . . . . . . IT. — Messire Olivier de la Marche... . . . . . . . . . . . . . III. — Histoire de Thomas Basin. . . . . . . . . . . . . . . . IV. — Louis Dauphin. . . . . . .. .. . . .. . . . . . . . . .
V. — Entrée de Marguerite d'Écosse à Tours. . . . . . VI. — Le siège de Pontoise... . . . . . . . . . . . . . . . . . VIT. — La bastille de Dieppe. . . . . . . . . . . . . . . . . .
VIII. — Portrait de Charles VII. . . . . . . . . . . . . IX. — Philippe le Bon et Charles le Téméraire.-. . . . . . . . X. — Le château de Genappe. . . . . . . . . . . . + . . . .