Journal d'un bourgeois de Paris, p
__ 2. Perceval de Cagny, p. 240.
réfugient dans le château qui est fort peu garni de vivres: on tourne contre lui bombardes et canons, et, au bout de quinze jours, il est en ruines. Mais le roi Charles ne veut pas écouter ceux qui parlent de composition. Il veut prendre le ehà leau de force.
Le dauphin est venu rejoindre son père. Mais, cette fois, il ne se montrera pas cruel: car c'est lui qui interviendra en faveur des Anglais qui se relireront, la vie sauve, avec leurs biens '. Ce sont des étrangers venus par ordre pour conquérir notre terre el ils ne sont pas descendus chez nous « de leur autorité ».
Quant aux prisonniers « parlant la langue de France », ceux-là on peut bien les pendre! Ainsi Louis distingue cette fois les prisonniers des traîtres. L'expérience l'a instruit.
La prise de Montereau causa dans l’armée, et jusque dans la ville de Paris, une joie générale. L'hiver approchait; les provisions étaient rentrées dans les forteresses; il ne pouvait être question, en cette saison, de vivre sur le pays. Le roi et le dauphin congédièrent une partie de leur armée et ils résolurent de se rendre à Paris.
La ville, depuis peu, s'était libérée de sa garnison anglaise. À grands cris, à coups de pierres, de bûüches et de tessons, sous la conduite du brave Michel de Lallier, les bourgeois s'étaient délivrés eux-mêmes. Mgr le connétable de Richemont, le bon Breton, en était le capitaine”.
C'était l'heure de l'explosion des vrais sentiments des arisiens, et celle aussi des volte-face. Ainsi l'Université de Paris, si bourguignonne et même anglaise, avait invité le dauphin et son père à entrer dans leur capitale, longtemps hostile.
On descend, par la vallée de la Seine, vers Paris la grand’ ville. Comme il convient, le roi et le dauphin s'arrêtent à Saint-Denis où ils arrivent, le 11 novembre, jour de la Saint-
1. Extrait d’un registre du Conseil, 11 octobre 1435 (Le Grand, ms. fr. 6965). 2. Berry, [, p. 228.