‹ Louis XI. Tome premier: Le dauphinChapitre 76 sur 129 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

chameaux portant entre leurs bosses des tours où des gens armés simulèrent un combat; quant à la danse, elle se prolongea fort avant dans la nuit.

Il est difficile de dire la joie qui se répandit par toute la France à la nouvelle des trêves. À Paris, pendant les négociations, on avait vu quarante mille personnes suivre en dévotes processions le chef de saint Louis, la vraie croix de Notre-Dame, la châsse de saint Benoît, celle des saints Innocents, le chef de saint Jacques l’apôtre, le bras de saint Thomas d'Aquin, les bras de sainte Opportune el de saint Georges, le doigt de saint Jacques, l’hostie bouillie par le juif de la rue des Billettes *. Un peu partout le peuple, enfermé dans les murailles des cités et des châteaux, comme des condamnés dans une prison, pour les terreurs et les dangers de la guerre, s’estimait délivré du plus dur des esclavages. On rencontrait, par troupes, bourgeois et bourgeoises, sortant de leurs cités pour se rendre aux églises et aux pèlerinages. Enfin, on revoyait les forêts et les champs, déserts jadis arides, et les prés verdoyants :

Rivières, fontaines et ruisseaux...

Car un grand nombre de citadins n'étaient jamais sortis de l'enceinte des villes, ne connaissaient plus les aspects de la campagne que par oui-dire. Oublieux de la guerre cruelle et féroce, ils célébraient les jours de fêtes par des banquets et des danses ?. |

On ne sait guère la part que prit le dauphin Louis à cette allégresse générale. À Tours, il traverse la nef donnant la main à la jeune fiancée. Il n’a jamais été sensible à la pompe des costumes; il n'aime pas les cortèges, ces fêtes dont l'éclat est si souvent menteur. Il voit l’heure comme elle est,

Page 1