À PARMI LES ÉCORCHEURS
Depuis le traité d'Arras, ils étaient vingt mille, peut-être trente mille gens de guerre qui savaient leur métier, aventuriers devenus brigands parce qu'il faut vivre'. Le peuple les appelle les Écorcheurs, car ils dépouillent jusqu’à la chemise ceux qu'ils peuvent atteindre?. En Lorraine et en Alsace, on continue à les nommer Armagnacs. Tantôt, ils s’abattent dans le centre de la France, dans le Forez, en Auvergne; mais ils vivent surtout dans le Languedoc, où Louis les a déjà rencontrés. D'autres sont installés en Bourgogne, dans les marches militaires de la Somme où on les jette parfois sur les Anglais. A Dieppe, Louis a employé certains de leurs capitaines etleurs compagnies franchès. Que vont-ils devenir, avec les trêves de Tours,etcomment les éloigner de la terre de France P
Le conseil royal a bientôt trouvé un prétexte à leur exode, le roi ayant accueilli favorablement la demande de secours militaire que Frédéric, le roi des Romains, duc d'Autriche, lui a adressée. Frédéricaentrepris de faire rentrer sous sa souveraineté les confédérés suisses qui viennent de se retourner contre Zurich, ville de son alliance ; et Frédéric, que.n’a pas écouté Philippe le Bon qui ne tient pas à entrer dans ce guêëpier, vient de trouver un accueil favorable à la Cour de France où ila des amitiés ; car Radegonde, fille de Charles VII, est fiancée à son propre fils. Tandis que le roi Charles se por-