‹ Louis XI. Tome premier: Le dauphinChapitre 79 sur 129 · Basin, Ï, p · texte numérisé non relu

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tera au secours du roi René en Lorraine, le dauphin Louis se meltra à la tête des Écorcheurs qu’il conduira vers le Rhin, vers Bâle, vers l'Empire, on ne sait où.

Louis, vainqueur de Salazar et de Lescun, qui connaît si bien les mœurs des Écorcheurs, est un jeune chef capable de les entraîner à l'aventure. Le bruit s’en répand partout, jusqu'à Metz et à Bâle où l'on assure que Louis est à la tête d’une armée de soixante à soixante-dix mille chevaux!. Les Écorcheurs élaient la moitié peut-être,en comptant leurs femmes; en réalité, il n'y avait guère parmi eux que quatre mille gens d'armes et six mille archers. C'était, pour le temps, une armée formidable.

Et depuis Langres, où ils avaient été rassemblés, on regardait passer avec effroi ces cavaliers terribles?. Ils représentent toutes les nations, tous les accents de France, toutes les langues : il y a parmi eux des Lombards, des Gascons, des Espagnols, des Anglais, des Écossais et des Bretons. Ils ont deux gros canons de fer lançant des pierres de 60 livres, six petils veuglaires ou canons de campagne, huit coulevrines ou serpents qui jettent des projectiles de plomb, tout un matériel de réparations, un train de chariots, de tonneaux de poudre, des échelles et des fusées incendiaires. Le dauphin Louis chevauche à la tête de la plus forte de ces bandes, au milieu de sa maison, près de messire Jean de Bueil, un des héros de la guerre de Normandie, l’un des meilleurs tacticiens de l’époque. Bueil est son lieutenant, et porte son étendard. Trois cents soudards espagnols formant sa garde jouissent de la plus détestable réputation. Cent quarante capitaines commandent sous ses ordres : chefs de routiers, personnages énigmatiques qui ont un passé chargé; quelques-uns sont simplement des brigands et des

1. Tuctey, 1, p. 148-149. — Paiement au dauphin de 4 ooo 1. (Bibl. nat., me. fr. 325711, fol. 81). — 2. « Habet jam in Alamania a Montepelicardo usque ad tria militaria XX milia cquitum, quos ego occulis propriis conspexi, hominum terribilium ; et dicitur quod retro sunt adhuc plusquam XXX milia quos ego non vidi. » (Relation du commandeur d'Isscnheim aux bourgeois de Strasbourg, ap. Tuetey, Il, p. 509.)

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