Tuetey, 11, p. 1-2; Thibault, p
ordres pour faire cesser les courses des routiers. Mais le dauphin nie, ergote, soutient ses chefs de bande, refuse, en ce qui le concerne, d'approuver le traité d'Arras, dévoilant déjà une de ses grandes pensées. Et dans le moment même où il doit conduire les conférences avec les députés chargés de rétablir la bonne amitié entre les maisons de France et de Bourgogne, Louis prend fait et cause pour les Dieppois, ses amis. | |
Il y avait un petit baleinier, l'Éveillé qui dort, parti de Dieppe pour rançonner les Anglais. Il était venu mouiller au port flamand de l'Écluse. Et là, prévenu de la présence de deux navires anglais, l'équipage du baleinier en avait pris un et le remorquait vers Dieppe, lorsque des batéaux flamands lui avaient enlevé sa prise ?. Les matelots dieppois avaient été exécutés à Bruges. Charles Desmarets, le capitaine de Dieppe, était d'avis de vider l'affaire par les armes. Et le dauphin écrivait aux échevins de Bruges pour soutenir le bon droit de ses protégés, comme si les gens de Bruges étaient des vassaux de la couronne de France.
Voilà une fâcheuse entrée en matière pour une négociation diplomatique, qui semble bien avoir été voulue par le dauphin Louis. Le programme des conférences est immense : assurer le respect des frontières d'Artois et de Bourgogne, sauvegarder la suprématie des ports de Flandre, vaincre l'obstination du dauphin Louis, qui n’a pas ratifié le traité d'Arras, faire évacuer Montbéliard, faire payer la rançon de René d'Anjou, les indemnités pour les ravages des Écorcheurs, fonder les obits pour le repos de l’âme de Jean-sans- Peur”! Pendant trois semaines,on vit le dauphin ondoyant, caustique, souple et violent, user de tous les moyens pour mettre l'affaire en délai. Isabelle était patiente, inébranlable