PHOTO BRAUN
Portrait de Charles VII, roi de France, par Jean Fouquet
(Musée du Louvre)
indemnité de 600.000 florins pour la “pere contre les. cantons suisses ‘
La Cour Quitte Nancy à la fin d'avril. La reine, suivie du dauphin et de la dauphine, gagnait Châlons, où elle arrivait le 4 mai. Et tandis que le roi Charles va visiter les villes des bords de la Meuse, il laisse au dauphin le soin d'entamer les négociations diplomatiques sur les litiges de France et de Bourgogne avec la duchesse Isabelle.
C'est une femme de quarante-huit ans, issue des Bragance, une très grande dame, assez cérémonieuse, un peu triste, mais si bonne et sensible, que son mari volage emploie pour arranger les affaires que les diplomates procéduriers ne savent pas réussir. Ainsi, elle a déjà tiré de sa prison Charles d'Orléans. Marie d'Anjou l’accueille noblement, cordialement“. Isabelle fréquente à la table de Marguerite d'Écosse qui la traite avec autant de déférence que la reine, s’'agenouillant profondément quand elle se levait de table. Mais le dauphin se montre réservé et froid, car les rapports de Louis et de son oncle Philippe le Bon sont en ce temps-là fort tendus. Philippe, autoritaire et chevaleresque, n’a pas approuvé son attitude de mauvais fils révolté. Les soldats du dauphin ont pénétré trop souvent en terre bourguignonne. Les Écorcheurs ont laissé derrière eux trop de maisons vides, rôti trop de gens. Il y a une question d’indemnités à régler; et la forteresse de Montbéliard demeure toujours occupée par les gens du dauphin, par son homme de confiance, un chef éprouvé, Joachim Rouault, menaçant le comté de Bourgognef. Le roi Charles donne des explications, des
. Tuetey, 1, p. 267.
. Délibération du Conseil de Chälons-sur-Marne, citée par É. Charavay, Lettres, I, p. 199.
3. Pierre Gharapion: Vie de Charles d'Orléans, p. 289-300. . 4. Aliénor de Poitiers, Mémoires sur L'anètenne chevalerie, II, p. 154-156; Beaucourt, IV, p. 95-07, 5. Thibault, p. 404.