Vers le 1° janvier 1447. (Beaucourt, IV, p
3. Voir les instructions données par le roi, en 1451, à l'évêque de Maillezais (Bibl. Nat., ms. fr. 15537, cilées par Beaucourt, IV, p. 201). Mathieu d’Escouchy (Il, p. 339) dit qu'il n'eut congé de partir que pour quatre mois. En 1466, le roi écrira que Louis s’est éloigné de lui de sa « seule volonté » (GChastellain, III, p. 217). Mais c'est là une interprétation volontairement inexacte.
4. Tout ce qui suit n’est guère qu’un résumé et une analyse du Catalogue des actes du dauphin Louis II, de Pilot de Thorey.
dauphins du Viennois, il y avait un siècle'. Depuis ce temps, les fils aînés des rois de France avaient porté le titre de dauphins : Charles V, Charles VI, Charles de France et ses frères, Louis, morten 1415, Jean, mort, l’année suivante, Charles VIT, etenfin Louis, deuxième dauphin du nom. C'était là une souveraineté lointaine, parfois assez nominale; car cette province n'avait été sauvée, en 1430, à la bataille d'Authon,; que par l'héroïsme d’un admirable soldat, le sire de Gaucourt, Imbert de Groslée, maréchal du Dauphiné, et le plus brave et le plus habile des condottières de ce temps, Rodrigue de Villandrando, qui avait eu la gloire d'envoyer la bannière du prince d'Orange, mis en déroute, dans l’église de Valladolid où reposaient ses ancêtres”.
Une affaire glorieuse, qui avait sauvé la couronne delphinale, convoitée par la maison de Savoie, et fait oublier la prise de Jeanne d'Arc survenue en ces jours. |
Gaucourt avait continué d’administrer cette province, ancien morceau d'Embpire et du royaume de Bourgogne, peu riche et surtout peu habitée, une terre allodiale,anarchique, dont les puissants évêques avaient été longtemps les seuls maîtres, les seuls défenseurs du pays ravagé par les Sarrasins, où des familles nobles, dont celle des anciens dauphins, n'étaient jamais arrivées à élablir d’une manière complète leur suzeraineté. En Dauphiné, il n’y a pas de fief. Il y a l'alleu, la propriété libre, qui appartient au plus fort. Il y a des évêques, des chapitres, des municipalités : un simple village, un peu avant 1410, appartient à vingt-quatre suzerains indépendants les uns des autres*. Il y a là une exploitation, sans ordre, d’une terre vigoureuse et fertile.
Ce pays, le dauphin Louis l'avait entrevu en 1437, âgé de quatorze ans, quand il y fit un voyage avec son père. Belle