‹ Louis XI. Tome premier: Le dauphinChapitre 99 sur 129 · Exactement en · texte numérisé non relu

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>. Lire l'admirable exposé de Jules Quicherat, Rodrigue de Villandrando, p. 40-50.

3. Voir l'ouvrage ei intéressant à cet égard de Henry de Pizançon, Étude sur l’aldodialilé dans la Drôme. de 1000 à 1400. Valence, 1874, in-8,

noblesse, fort pays, nombreux bétail, du blé, du vin, des montagnes où habitent des gens rudes et sauvages, le Rhône, ses gorges, deux grosses cités, Grenoble et Valence'. Comme les autres dauphins de France, Louis a signé, dès lors, des lettres pour percevoir les florins que les gens des trois États du Dauphiné lui accordent, et qui servent à payer les gens de sa maison, à subventionner ceux dont il obtient ou espère des services. Louïs a pris, nominalement, en 1440?, possession du Dauphiné dont le gouverneur est toujours le vieux sire de Gaucourt, entouré de gens de loi, d’auditeurs de comptes idoines à se retrouver dans ce guépier ; et il a promis, entre les mains des évêques, de respecter les libertés de cette province. Îla nommé aux emplois, fait reviser des feux, payer les . gages du conseil delphinal. Gabriel de Bernes, seigneur de Targe, son maître d'hôtel, un de ses hommes de confiance, a suppléé Raoul de Gaucourt, fait prisonnier par les Anglais, en 1441. On voit Louis autoriser l'entrée et la sortie de toutes marchandises en Dauphiné, lever les prohibitions faites aupa- ravant, réduire les droits sur les blés. Des commissaires s’y rendront pour assurer la justice. Le dauphin diminuera les taxes sur les villes ravagées par les épidémies. À Romans, il autorisera des impositions légères permettant de restaurer les murs de la ville, les fontaines et l'horloge. On enquête sur des religieux qui cherchent à ne pas acquitter les taxes. On remplace les châtelains coupables d'abus. Étienne Guillou, président du conseil delphinal, accusé à tort de malversations, est rétabli dans son office. Il y aura une foire à Gap. Jusque dans sa campagne en Allemagne de l'hiver 1444, Louis ne perd pas de vue son Dauphiné.Il publie une ordonnance sur les comptes des châtellenies delphinales qui seront rendus, comme auparavant, à la Chambre des Comptes du Dauphiné, et dont l'excédent sera employé à la conservation du domaine.

1. Héraut Berry. Le Livre de la descriplion des pays, p. 54-55. 2. Bibl. Nat. ms. fr. 15537, fol. 12.

Les frères Prêécheurs à Grenoble'seront autorisés à jouir des concessions faites précédemment à ce couvent, mais si les constructions de l’église et du couvent sont comprises dans les fortifications de la ville. De Zofingen, le 21 octobre 1444, sera daté le traité conclu avec la Confédération suisse et le comte de Savoie : c’est Gabriel de Bernes, lieutenant-général du Dauphiné, qui représente Louis. Guy Pape, le célèbre jurisconsulte, son conseiller delphinal, revise les feux afin de soulager la charge des habitants accablés depuis dix ans par la maladie et la disette. Mathieu Thomassin, conseiller delphinal, Lyonnais comme Guy Pape, rompu comme lui aux affaires et à la procédure, visitera les péages de l’eau entre le Dauphiné et le royaume de France pour en faire connaître les abus et fraudes. |

Louis est à Nancy, malade, au mois de mars 1445. C’est de là qu'il fera donner l'ordre à Ravant le Danois et à Jean Gencien, maîtres des monnaies de France, d'ouvrir une enquête secrète sur les délits qui pouvaient se commettre dans les ateliers monétaires du Dauphiné, et d'arrêter les coupables. Ils recevront l’ordre d’y faire frapper des monnaies d’or, au nom et aux armes du dauphin, ducats ou florins, et désormais aucune autre monnaie n'y circulera. Jean Sanglier remplacera le vieux Gaucourt. Louis de Bueil, vainqueur des Suisses à Saint-Jacques, sera nommé châtelain.

De Châlons, le r7 août, tandis que la dauphine est si malade, qu'elle va mourir, Louis rend un édit fondamental sur le fait de la justice et des finances en Dauphiné. (Chaque jugerie devra être pourvue de juges, procureurs et autres officiers, gens habiles et capables ; s’il en existait quelques-uns qui ne fussent pas tels, le Conseil delphinal en avertira le dau- -phin pour les remplacer. Ces officiers de justice et de finances devront faire une résidence continuelle dans les localités assignées à leurs fonctions. Les accusés seront punis, selon les cas, et les lettres de grâce ne pourront jamais porter pré-

judice aux droits des parties lésées, Respect de la cour souveraine de Dauphiné. Les exemptions d'impôts, même celles accordées par le prince, ne pourront causer üne diminution des revenus dus par les fermiers des gabelles et des péages. Les châtelains seront gens solvables et donneront caution de leurs offices. Eux aussi devront faire résidence, ou avoir à leur place quelque « bon ménager ». Le trésorier du Dauphiné centralisera les recettes. Le dauphin donne l'exemple. Il révoquera les dons sur les divers châteaux et châtellenies du domaine delphinal. Un peu partout, il fera reviser les feux. | |

Telle est l'œuvre administrative du dauphin, entre sa quatorzième et sa vingtième année. Elle lui fait grand honneur. Mais elle prouve surtout la qualité des collaborateurs dont Louis a su s’entourer, des jurisconsultes, les Lyonnais entraînés à administrer dans cette grande commune. Le dauphin continue ici, dans une certaine mesure, et d’une manière respectueuse, la politique des anciens dauphins adaptée à cette chaotique province.

Combien il est plus intéressant de voir Louis prendre contact avec la réalité, en parcourant ce pays qu'il aima et organisa sur place d’une manière définitive!

Le 7 janvier, le dauphin était à Lyon; le 15 du même mois, il foulait le sol dauphinois, à Saint-Symphorien-d’'Oson, accompagné par une suite nombreuse de gentilshommes qui demeureront, pour la plupart, ses fidèles serviteurs.

Louis veut agir en roi; il a donc besoin de personnel. Il le trouvera parmi les petits gentilshommes, pour la plupart, des parvenus, ceux-là qui le suivront dans son ascension. Il y a là Jean de Lescun dit le bâtard d'Armagnac, Régnier de Bouligny; Charles et Jean Blosset; Hugues Massip, seigneur de Bournazel ; Jean de Bueil, Mathieu de Condé, Guillaume de Courcillon; Louis, seigneur de Crussol; Jean de Daillon; Amaury, seigneur d'Estissac; Jean du Fou, Charles de Melun,

Jean, seigneur de Montauban, Jean de Montespedon, Yves de Scépeaux, chancelier Jean de Villaines, etc.1.

Le premier des actes de Louis est d’ordonner à tous les. nobles qui détiennent un fief, ou un ancien fief, de venir dans le délai d’un mois lui prêter hommage et serment de fidélité. C'est un acte de souverain. Puis il commet le gouverneur du Dauphiné à recevoir l'hommage du marquis de Saluces qui devra lui restituer la ville de Carmagnolle; autre acte de souveraineté, visant celte fois la politique extérieure.

Maintenant Louis peut descendre le long du Rhône et s'arrêter dans les centres importants, Romans, Valence et Montélimar, où il voit les nobles qui sont accourus de tousles points de la province. Ici, il s'occupe de l'exploitation des. mines ; là il approuve des anciennes fondations religieuses. des dauphins, ses prédécesseurs. Il pourvoït aux offices, confirme les libertés et privilèges des villes, des religieux. On on le voit accorder des dons à certains monastères et, grand chasseur, enjoindre aux gens de son conseil de faire défense à toute personne de chasser dans les forêts, bois et garennes delphinales, sans autorisation expresse, excepté toutefois les ours redoutables, les loups, renards et chamois; défense de couper et de prendre du bois dans lesdites forêts, sauf le bois sec et mort,et ce avec l'autorisation de ses forestiers. 11 ordonne enfin aux châtelains d'entretenir en bon état les. garennes et de les affermer. Et Louis réglemente le droit d'usage des bestiaux dans les forêts.

Le dauphin quittera Montélimar au mois de mars 1447, gagnant Valence où il reçoit de même les hommages des. seigneurs de la région. On le retrouve à Romans, de nouveau. à Valence où il fixe, comme un souverain, les privilèges et les règles de sa chancellerie, à l’imitation de la grande chancellerie de France. Louis désigne ses douze secrétaires qui prépareront les lettres signées par son chancelier. Ce sont tous.

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