‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 105 sur 289 · LOUIS XI. — II | PI VI · texte numérisé non relu

LOUIS XI. — II | PI VI

NS à À wm },

Le

di rie

TER JeS

Uk /f

Le siège de Neuss (Chronique rimée des guerres de Bourgogne, par Conrad Pfettisheim, Strasbourg, 1477)

Le roi observe que Charles de Bourgogne ne fait rien en ces jours de bien raisonnable. Il a toujours une armée prête qu'il lui faut employer contre ceux que Louis protège!. Aujourd’hui, il a fait arrêter Adolphe d'Egmont et s'empare de la Gueldre, plus enflé que jamais de gloire militaire et d'aventures *. Charles prend goût aux choses d'Allemagne, révant de se substituer comme arbitre à l'Empereur puisqu'il a si peu de cœur et se montre siavare. Louis, qui a rêvé aütrefois d'Empire, pense et sourit. Quel enfantillage ! Les Allemagnes sont grandes et puissantes. Une querelle à vider se lèvera toujours derrière une autre querelle. Charles va s’'embrouiller et se perdre. Et Louis va y contribuer en renouvelant sa trêve avec Charles de Bourgogne. Il lui laisse apparemment les mains libres. On ne comprend pas. Mais lui comprend. Et le roi fait amitié avec les gens de la Hanse teutonique, ennemis invétérés des Anglais‘, avec les Bernois*, avec l'Empereur Frédéric III.

Combien Louis se réjouit maintenant de voir ce très auguste Charles de Bourgogne prendre parti dans la querelle de l'archevêque de Cologne, Robert de Bavière, contre son chapitre! Le voici devant Neuss, la ville inexpugnable. Il fait approcher ses engins ; et le preux des preux a planté son étendard droit au front des Allemands, campant à un trait d'arc de la ville. Il a avec lui les quatre cents lances du comte de Campo Basso, chevalier napolitain, avec leurs chevaux bardés et leurs gens de pied, des archers anglais, et ces bons

Page 1