‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 106 sur 289 · Lettres, V, p · texte numérisé non relu

Lettres, V, p

5. Ibid., p. 179, 223, 371. — Donsfaits à Thomas d'Aquin, ambassadeur de don Fernand (Bibl. nat.. ms fr. 32511, fol. 341). Réception du procureur fiscal de l'empereur d'Allemagne venu en ambassade (/bid.). — Urbain Legeay montre justement combien Louis fut modéré et prudent (II, p. 113-114).

6. Lettres, V, p. 251, 261, 303, 354. — René de Lorraine est alors pensionné à 12000 I. et Sigismond d’Autriche, à r0000 (Bibl. nat., ms. fr. 32511, fol. 3530),

piétons du pays de Namur et de Liége. Le duc de Bourgogne s'est abrité dans un logis portatif, avec ses pavillons armoriés, au milieu des gens de sa maison. Et tous ses pensionnés, qui forment l’armorial de la Toison d'Or, sont logés dans une abbaye voisine, dans le dortoir des moines qui est un autre Temple de Mars’.

La ville de Neuss est ceinturée de tranchées, assiégée par terre et par eau; un bras du Rhin est endigué et asséché. C’est un tonnerre de coulevrines et de bombardes. L'attaque est menée avec des machines de guerre renouvelées de Végèce. On va faire rouler à la barbe de ceux de Neuss une tour montée sur des roues. La machine s’enlise, et les gens de Neuss se rient de la « grue » et du « chat »! Assauts, jets de fusées, incendies se succédaient dans le camp, dans la ville. Et les assaillants avaient à lutter avec les paysans quiles tuaient cauteleusement, lorsqu'ils devaient fourrager pour nourrir leurs chevaux. Des forêts entières sont coupées à blanc pour trouver le bois des bastillons et des logis. Charles le Téméraire s’installe dans la guerre. Il dessine une autre ville de tranchées avec des rues et un marché. On y vend des denrées de Gand et de Bruges. On y débite toutes sortes de marchandises ; on y rend la justice. Et le duc fait monter neuf cents tentes et pavillons splendides. II y a là des casemates aménagées avec salle et cuisine, à cheminées de briques; et l'on y voit des fours, des moulins, des bains, des brasseries, et un gibet pour pendre les malfaiteurs. Sous les murs de Neuss on baptise, on marie. Les ménestriers cornent aux noces de mélodieuses chansons, tandis que d’autres accompagnent leurs amis morts et mis en bière. C’est un concert de tambours, de flûtes et de musettes. Mais dans le quartier du duc s'élève parfois une harmonie si douce qu’elle semble l'écho du paradis terrestre. Et Charles, qui observe la plus absolue chasteté, qui ne boit pas de vin, est ravi de cette

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