‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 120 sur 289 · Commynes, I, p · texte numérisé non relu

Commynes, I, p

2. 1bid., 1, p. 317; Ord., XVIII, p. 127; Rymer, V, pars III, p. 66; Lenglet du Fresnoy, Preuves, III, p. 401-406. — Le roi déclare se soumettre à la décision d'arbitres nommés par lui et le roi d'Angleterre pour terminer les différends avec ce prince. Assez de guerres entre les très puissants rois de France et d'Angleterre, de dommages immenses pour leurs sujets, de sang répandu, d’églises ruinées, etc. — Le 23 septembre, le roi écrit aux gens de Beauvais pour leur annoncer qu'il a traité avec le roi d'Angleterre et qu'il a dù promettre et donner « grans sommes de deniers ». Il demande une aide de 600 livres. Il faudra la répartir entre la ville et les villages (Arch. com. de Beauvais, BB. 10, fol. 113).

Charles de Bourgogne. S'il ne veut pas, comme il l’a ‘dit, entrer dans la paix anglaise, le roi Louis aura les mains libres. On examine la situation du duc de Bretagne. C’est un ami du roi d'Angleterreet il insiste pour qu’on ne lui fasse pas la guerre. Mais c’est tout. Louis a un mot aimable pour chacun et l’on se sépare. Le roi regagne Amiens ; Édouard rejoint son armée.

Le roichevaucheavec Commynes. Il espère bien qu'Édouard n'ira pas à Paris, en dépit de l’amorce des-fines Parisiennes. Les Anglais, on les a trop vus à Paris eten Normandie. Leur amitié est bonne, mais quand la mer les sépare de nous!.

De retour à Amiens, Louis invite à souper les Anglais qui l'ont aidé à faire le traité. Il parle à l'oreille de M. de Howart qui lui dit qu'il trouvera bien le moyen de faire venir Édouard à Amiens et à Paris. Louis dissimule une grimace. Il se lave les mains et ne répond pas. C’est vraiment une plaisante journée. Voilà les Anglais dehors, eux qui jadis, et de si fraîche date, ont causé tant de maux à la France ; voilà nos ennemis devenus amis!

Mais voici surtout ce traître de connétable joué, avec ses promesses de livrer Eu et Saint-Valéry que Louis par précaution vient d’ailleurs de faire incendier?. Le roi reçoit maintenant des propositions de Charles le Téméraire qui se dit prêt à détrousser les Anglais à leur passage*. Mais Louis n'entendra pas ces méchantes propositions. Ainsi le roi d'Angleterre,qui a touché son argent, gagneà bonnes journées Calais. Les gens des communes, les gros et gras Anglais, doivent coucher aux étapes sous la tente, ce qui ne leur va guère. Chacun retrouvera avec plaisir cette vieille et joyeuse Angleterre. Le roi Édouard compte les écus de France et ceux qu'il a extorqués à son Parlement.

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