‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 124 sur 289 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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de la paix! Il faut le faire savoir au peuple, par des prédications, par des processions générales et spéciales : « Et gardez, sur tant que doubtez à nous desobeyr, et qu'il n'y ait point de faulte ! » Le roi prie et menace. Il est à la paix. Il a même fait sa paix avec Charles de Bourgogne.

Mais il est un point sur lequel Charles et Louis s'accordaient surtout : le ressentiment qu'ils portaient au comte de Saint-Pol, connétable de France. C'était le type du grand féodal, hargneusement picard, dévoué à la maison de Bourgogne, ami des Anglais, allié de famille des Bretons, marié à Marie de Savoie, la sœur de la reine. Il avait longtemps rêvé d’être l’arbitre des querelles entre Français et Bourguignons qu'il excitait les une contre les autres *.

Le roi l'avait comblé, lui accordant dès 1464 la capitainerie de Rouen, où il succéda à Pierre de Brézé, et la lieutenance générale de Normandie ?. Le duc de Bourgogne ne pouvait oublier qu'il avait été cause de la prise d'Amiens et de Saint- Quentin, l’accusant d'être « vraye nourrice de ceste guerre qui estoit entre le roy etluy® ». Au temps où Charles avait passé la Somme, Louis de Luxembourg avait poussé une pointe dans le Hainaut, incendiant le château de Solre. Charles de Bourgogne avait répondu par les incendies de Nouvion et d'Oisy-en-Thiérache‘. Louis de Luxembourg tenait Saint-Quentin, la plus grosse ville du Vermandois. Il avait Ilam et Bohain. Il pouvait mettre dans ces places les gens du parti qui lui plaisait. Appointé largement par

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