‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 131 sur 289 · Chr. Scand., I, p · texte numérisé non relu

Chr. Scand., I, p

senter sans doute la Passion”.Mais c’est le jour de sa Passion

à lui! 11 tend le cou au tranchant de l'épée que le vieux .M° Henri Cousin vient de bailler à Jean, son jeune fils, qui la manie pour la première fois. Le petit Jean frappe un grand coup, fait voler la tête, ébrèche la vieille épée. Le corps du connétable roule à terre.

Et le bourreau montre à un peuple immense la tête qu'il vient de laver dans un seau d’eau, disant : « Voici la teste de Loys de Luxembourg, comte de Saint-Pol! » Elle restera exposée sur l'échafaud où deux mille personnes peuvent la voir, qui détestaient le connétable.

Ce fut un mardi, 19° jour de décembre, à l'heure où l’on chante à vêpres : O Clavis David?.

Les bonnes femmes de la chapelle Haudri, les Haudriettes, viennent de mettre la tête et le corps du connétable dans une bière, que les Cordeliers de Paris accompagnent à leur couvent, sous la lueur de quarante torches ardentes, l’ensevelissant dans la chapelle Saint-Nicolas. Mais si nous nous attendrissons sur Louis de Luxembourg, on compose à son sujet une épitaphe satirique*. {On chante à travers la France la complainte où il n’y a pas de pitié :

Mirez-vous cy, perturbateurs de paix!

1. Le plus beau des manuscrits du mystère de Gréban avait été transcrit pour le connétable de Saint-Pol en 1433 et porte ses armes (Bibl. nat., ms. fr. 816).

2. Molinet, 1, p. 182-186. — M. G. Périnelle a publié, d'après le ms. Nat. Reg. 1323, la copie de l'arrêt du connétable avec un certain nombre de détails intéressants sur son exécution (Mél. d'archéologie et d'histoire de l’École de Rome, t. XXIII, 1903, p. 417-432).

Page 1