LOUIS XI. — II | PI. VII
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La bataille de Nancy (Burgundesch legende, Strasbourg, 1477)
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Bien malgré lui, Charles le Hardi était entré dans la trêve conclue par le roi avec les Anglais. Louis peut bien se douter que son tempérament l'empêchera de tenir sa parole. Il l’observe. Ge n’est pas en lui faisant la guerre qu’il entend le combattre, maïs en le laissant se détruire lui-même, en lui suscitant en secret beaucoup d’ennemis!. -
Louis a quitté le Plessis ? ; il s’est rendu au Puy-en-Velay,le 8 mars 1476, où il passe quatre jours, priant et méditant sans doute. Un crochet à Valence “ et à Saint-Marcellin, et on le retrouve à Lyon, le 23 mars, où il demeurera aux écoutes.
Charles vient de conquérir la Lorraine, et le voici accroché à Granson, au pays des Suisses. [l attaque la ville avec ses
‘grosses bombardes, et il fait pendre sans miséricorde par trois bourreaux ceux qui l’ont défendue. C’est une pitié de voir suspendus aux arbres des gens déjà cruellement mutilés ! Les Allemands et les Suisses ont à cœur de se venger. Ils débouchent en bataillons carrés, hérissés de piques et de hallebardes, des bois et de leurs montagnes, criant : « Autriche et Berne ». Charles le Hardi est ramené à son camp°. Et les Suisses, au cri de vengeance : « Granson!
. Commrynes, I, p. 367.
. Le 19 février 1476.
. Milau et Compère ont été réunis au domaine, le 1° mars (Ord., XVIII, p. 181). . Il fera taxer Valence à 52 feux seulement (Ord., XVIII, p. 187) et il y établira un marché (/bid., p. 189).
5. Dunois annonce l'événement à Orléans : la victoire des Allemands (CC. 562). A Dijon, on s'inquiète et on fait le guet à la nouvelle « de la rencontre que les Alle-
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Granson! », au son des grandes cornes, bousculent le camp et l’armée des Bourguignons. Les Italiens ont làché pied. C'est l'incroyable pillage des joyaux, des tentes, des tapisseries, des draps d’or, des dentelles et des diamants de Charles de Bourgogne (1° mars 1476).
On apporte au roi des nouvelles de la bataille. Car il a des espions partout, et Commynes écrit alors messages sur messages !. Sa joie est immense. Louis va prier la Vierge, mais <omme un simple pèlerin, qui n’entend recevoir du chapitre de Lyon ni compliments ni honneurs. Il dépose de larges offrandessur les autels. Il baise la petite figure de Notre Dame en or qu'on lui offre pour la reine, et la fait coudre à son chapeau. Il promet des neuvaines. Le roi Louis écrit à ses amisinvincibles, les Bernois, que Dieu, par sa volonté, a mis entre leurs mains l’armée des Bourguignons. Il prie de tout son cœur”. Mais il faut toujours prendre des précautions. À Beauvais, le roi demande qu’on approfondisse les fossés et les boulevards. Entre temps, Louis a pu apaiser avec Calabre de différend qu'il a avec le roi René. Il a les mains libres en Lorraine.
À Lyon, le roi est dans le voisinage de ses amis les Suisses; de là il surveillera ce fou de Charles qui s’enferre.
Le duc de Bourgogne est maintenant devant Morat, place fortifiée au bord du lac de ce nom. Charles domine la ville, mais il ne l’a pas encore. Il la regarde avec son visage fiévreux. Les assauts qu'il donne sont repoussés. Les confédérés ont mis les troupes bourguignonnes en déroute. Les Suisses
mands avoient contre l’armée du duc » (Arch. com. de Dijon, B. 164). — On trou- “vera le traité d'Andernach scellant l'alliance avec Frédéric III et les électeurs contre Charles, duc de Bourgogne, au mois de décembre 1475, dans Lenglet du Fresnoy, Preuves, III. p. 459. On y invoque le souvenir des anciennes alliances entre l'Empereur et le roi de France depuis le temps de saint Charlemagne (fbid., p. 462).
1. Commynes, I, p. 350. — Don à un canonnier qui a apporté des nouvelles « de la destrousse que ceux des Ligues avaient faites sur le duc de Bourgogne » (Bibl. nat., ms. fr. 326711, fol. 354).