‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 135 sur 289 · PL VIII · texte numérisé non relu

PL VIII

saänig € ‘ouSoSinog 2p onp ‘oneiowus L? SO[IEUT) 2P nr2quoO 9T ‘y (SIHEPEN sep jourqe) “en “arg)

EPIPUED) IUUSAOIT) Jed 21I8I2W9 TL 9[ SO[IEUO I

NKÔYAE “AYAHO II NOGNYVUIO ‘Y OLOH4

NS 4 TRS Ns/7 4 | rs N eg) . Men F t 4 me }l :

sd rie e — l r 2/4 RAM * 4 rx VAE: » ù 2; d 4 y

— it

Qu'est-il devenu lui-même ? On l'ignore. Le comte de Chimay est pris avec Olivier de la Marche :.

Mais voici Monseigneur du Lude qui accourt. Il a, le premier, rencontré le chevaucheur portant les nouvelles de ce qui se passe sous Nancy. Il fait à peine jour. Du Lude frappe à la porte. On lui ouvre. M. du Lude tend le message du chevaucheur. Charles le Hardi est mort. On n'en est pas encore très sûr, car certains prétendaient qu'il s'était enfui.

Charles le Téméraire était bien mort. Son corps devait être bientôt reconnu parmi d'autres cadavres, sur les glaces d’un étang, à demi dévoré par les loups. Il gisait tout nu avec ses trois plaies mortelles, l’une au milieu du chef, d'une hallebarde qui l'avait fendu jusqu'aux dents, l’autre d’une pique à travers les cuisses et par le fondement?.

Le roi Louis est si surpris, si rempli de joie, qu'il ne sait quelle contenance tenir! Il écrit au seigneur de Craon: «Se ainsi est que le duc de Bourgongne soit mort, mettez vous dedens le pays *. » Etil réclame aussitôt sa filleule pour « parachever le mariage » qu'il a fait jadis traiter entre elle et le dauphin“. Louis rappelle aux habitants de Dijon qu'ils sont de la couronne et du royaume, que la fille de Charles est une parente à qui le roi entend conserver son droit. Il demande à Poitiers des processions générales. Une clôture d'argent va être offerte à Monseigneur saint Martin‘.

Car Louis a déjà un projet d'organisation des domaines de Bourgogne, Flandre, Artois, apanages de la couronne qu’il partage aux siens. Il lui faut de l'argent, beaucoup d'argent. Les villes en prêteront : Jean le Clerc ira les solliciter en son nom. De bons et loyaux sujets s'y doivent libéralement

1. J'ai utilisé le récit d'Olivier de la Marche, témoin oculaire, fait prisonnier dans cette activn. (lIEI, p. 238-241.)

2. Molinet, I, p. 234. — Cf. Lenglet du Fresnoy, Preuves, III, p. 491-493.

3. Lettres, V1, p. 111. — 4. Ibid., p. 112. — 5. Ibid., p. 513. — 6. Ibid., p. 114.

— Voir les détails donnés sur ce travail dû à Jean Mangeot, orfèvre de Tours (Bibl. nat., ms. fr. 32511, fol. 354).

employer, corps et biens. Ils ne perdront rien. On remboursera. Recouvrer ces pays est si utile et profitable à notre royaume! Le roi demande des écus à l’un; à l’autre, des. vivres, de la farine, de l’avoine :.

Un message arrive. Cette fois, il n’y a plus de doute : Charles est bien mort; ses médecins l'ont reconnu à ses. dents cassées, à la plaie qu'il avait depuis Montilhéry, aux ongles si longs qu'il portait.

C'était la fin pitoyable du grand aventurier, de l’ancien compagnon des chasses de Louis, de Fexterminateur des Liégeois, de celui qui avait rêvé d’être un autre dieu Mars! C'était la fin de la maison de Bourgogne et de ses magnifcences *. Le renard avait étranglé le lion.

Maintenant la curée! Car le roi y a sa part. Le sire de. Craon et le comte de Brienne l’ont oublié : ce dont Louis les. remercie ironiquement : « Messeigneurs les contes, j’ay receu voz lettres et vous mercye de l’honneur que me voulez faire de me mettre à butin entre vous. Je veux bien que vous ayez la moictié de l'argent de reste que vous avez trouvé, mais je vous prie que le surplus vous me fassiez mettre. ensemble et vous en aidez à faire réparer les places qui sont sur les frontières des Allemans... Touchant les vins du duc de Bourgongne, qui sont en ses celliers, je suis content que: vous les ayez‘... »

r. Lettres, NE, p. 116, 117, 11S-1r9. — Les États de Normandie, réunis à Rouen: le 12 janvier, accordent 199 235 1. (Arch. nat., K. 51, n° 52); aux États de Languedoc, à Montpellier, le roi demande 187 975 1. (Lenglet du Fresnoy, Preuves, III, p. 499). |

2. Molinet, [, p. 235.; Commynes,l, p. 396. — La nouvelle est apportée à Orléanspar Guillaume de Cerisay, greffier du roi, qui revenait de Nancy « où le duc de Bourgogne avoit été occis en bataille par le duc de Lorruine » (Arch. du Loiret, CC. 563, fol. 69 r°). Réquisition des chevaux et des charrettes pour amener l'artillerie au roi ({bid., fol. 78).

3. On publia le vers numéral Vuire LEO cectnir : Rex, 181 cLAMoO, BrBir (cité par- Rossignol, op. cit., p. 12). Eouis reçoit les félicitations des Florentins à propos de la mort du Téméraire (Desjardins, I, p. 169).

&. Leltres, V}, p. 126. — René, duc de Lorraine, recevra 30 000 1, en sus de sa pension (Arch. nat., K. 792, n° 1).

À Gand, le 23 janvier 1477, on publie la lettre donnée au nom de Marie de Bourgogne affirmant que « la duché de Bourgogne ne fut oncques du domaine de la couronne de France’... »

Mais le roi écrit : « Disposez vous de tenir le pays en mon obéissance et garder les meilleures villes et places... »

Le roi est entré en campagne en Picardie et en Artois; il se fait livrer Ham, Saint-Quentin et Péronne. Jean d’Estouteville, sieur de Torcy, son lieutenant à Amiens, occupe Abbeville2. Maître Olivier le Daim, le barbier du roi, est envoyé en ambassade à Gand, portant des instructions à la petite Marie de Bourgogne que le roi Louis entend guider et mettre entre ses mains. Le barbier, étant du pays, n'y est pas prophète. Il réussit seulement à faire admettre une garnison française à Tournai*. Maisles Flamands sont défaits sous les murs de la cité“. |

Et tandis que le roi se tient à Péronne, au mois de février, les maçons de Compiègne travaillent à faire des boulets de pierre, les gens de Reims mènent à Amiens toute la poudre et le sälpêtre dont ils peuvent disposer”, l’artillerie de Champagne’. C'est un fracas de chevaux, de convois, de-charpentiers, à Péronne que l’on met en défense8: de vieilles murailles sont démolies à Amiens *.

Le5 mars 1477, le roi était à Arras. Il y est venu puisqu'il entend, après mûre délibération, mettre l’Artois dans sa main par défaut d'hommage. On vient lui apporter les clefs de la Cité et il les reçoit agréablement. Les États d'Artois vont se réunir. Les échevins pourront y envoyer leurs délégués et faire l’entière obéissance qui appartient à de loyaux sujets.

Page 1