Voir les Trois Eages de l'Homme de Pierre Choisnet
enrichies de reliques (c'est une fortune avec leurs pèlerinages), de notables clercs. Et la noblesse y est plus abondante que dans les deux autres royaumes chrétiens. Mais cela enchante moins Louis : il y a du pour et du contre”. En attendant mieux, le roi retire à la noblesse l'usage ne la chasse, ou plutôt il en réprime les abus*.
Longtemps les Anglais, attirés chez nous par nos divisions et les querelles des partis, avaient occupé la moitié de la France, de la Guyenne à la Picardie. Il n’y a plus d'Anglais en France quand Louis est sacré. Ils ne tiennent plus que Calais et la région limitrophe.
Mais il y a toujours les apanages, et le domaine royal ne comprend guère qu'un quart de la terre. Les princes apanagés sont du sang royal; ils sont de la famille. On se querelle parfois rudement en famille, témoins Armagnacs et Bourguignons. Quand Louis a prononcé au sacre le serment de rassembler les terres, d'entretenir et d'augmenter le domaine, il a voulu désigner « tous les pays ». Il a compris qu'il y avait parfois, sous le nom d’apanages, des États.
C'est ce qui était arrivé en Bourgogne. Il y a là une puis-
1. I ya licu cependant de remarquer que les comptes royaux conservés en copies par le ms.fr. 32511 nous donneront par la suite une liste très importante de pensionnés où la noblesse de France a la bonne part. Cf. fr. 2900, fol. 7 : Roole des pERHON naires ct fr. 5857, fol. r, gages des gentilshommes de la garde.
». Voici le texte de Jean Maupoint (p. 49) qui a son importance, le texte de l'ordounance n'ayant pas été retrouvé : « Environ les diz trois mois de septembre, octobre ct novembre... il fut deffendu de par le roÿ à tous les nobles et gens d'église et à toutes autres gens... que ils ne chassassent à sers, sangliers ni aultres bestez, à cor, à cri, à claie ne aultrement, sur peine de griefve punicion en corps et en biens, dont plusieurs du roiaume furent tres desplaisans ; mais especialement il en despleut tres fort aux grans seigneurs nobles el à tous gentilz hommes. Et de fait, par toutes les bonnes villes de France par le commandement du roy expres et sur grandes peines fut ordonné que tous engins à prendre les diles besies feussenut brulés et mys en cendre, ce qui ful ainsi fuit, en quoy plusieurs grans seisneurs et gentilz hommes eurent grand dommaige. » Mais il y a des raisons de croire que l'ordonnance a dù exister, car on voit qu'en Dauphiné le maître des eaux et forêts avait fait une défense générale de chasser. Le 11 juin 1463, le roi accorde l'autorisation de chasser. (Ord., XVI, p. 102.) Voir ce que dit Thomas Basin (II, 73 ; III, 168) et lu note de M. Petit- Dutaillis (1V?). — 3. Ord., XVI, p. 55
sance formidable qui balance celle du domaiue de France. La maison, issue de Charles V,a quelque peu délaissé l'administration de la Bourgogne. Un mariage l’a fixé dans les Flandres, l’Artois, le Hainaut. Ce bloc du Nord, qui fait commerce avec les Anglais, l'emporte sur l’autre. Philippe lc Bon a appris le flamand et il le parle. On rédige beaucoup de ses actes en flamand. Bruxelles est sa capitale; Bruges, sa Venise. Ces deux morceaux d'État, Bourgogne et Artois, comment ne pas songer à les souder, à fermer les deux pinces qui encerclent le domaine royal? Philippe a reçu un moment des Anglais l'investiture de la Champagne. Il n’a pas osé s’y installer, il ne l’a pas pu. Charles VIT avait été sacré à Reims. Philippe demeura gêné. Il n’est pas tout de même un ennemi du royaume, comme les Anglais. 11 pouvait le devenir. Il n’a pas osé, il n’a pas pu le faire. Mais le grand duc règne surtout sur ses États du Nord, sur des peuples qui ont tant d'intérêts communs avec les Anglais. Ainsi il a vieilli, tergiversé, juué au chevalier, pensé à la. croisade pour laquelle il ne partit jamais. Que fera Charo- Jais, ardent, jeune et colérique? |
Quelle sera l’attitude du duc de Bretagne qui a tant d'intérêts communs avec l’Anglelerre et dont l'hommage est donné à la France avec difficulté ? En attendant, Louis lui accordera un titre honorifique : lieutenant du roi pour les pays deça la Seine !. Enfin, Louis doit pourvoir à l'établissement de son jeune frère Charles. Maintenant il est d'âge. Lui aussi est “héritier. Louis lui accordera l'apanage du Berry?. Et Louis cherche un point d'appui près de son oncle, le roi René, qui recevra le comté de Beaufort qu'il pourra réunir à l’Anjouÿ.
Parmi les affaires particulières qui préoccupent Louis en ces jours, il y a la question de ses rapports avec son oncle, le