Aloïs Heiss, les Médailleurs de la Renaissance
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La maison de Louis est celle d’un roi, et d’un roi de France, c'est-à-dire du premier souverain de l’Europe de ce temps.
Louis est d’ailleurs un Protée. Ses goûts sont simples. Jamais il n'aura une cour, pas plus qu'il n'aura de ministres. C’est une question de tempérament personnel. Pour visiter et connaître son royaume, l'aspect du pèlerin sied mieux. Il est ainsi plus près du peuple. Maïs quand cela est nécessaire, Louis sait prendre aussi figure de monarque.
Après Montlhéry il se montre à Paris comme un roi chevalier, avec sa maison habillée de rouge et de cramoisi. Les peintres lui peignent ses étendards de guerre, des bannières à l'image de Notre-Dame d’Aix,. de saint Michel, de saint Denis, avec des soleils d’or. Les drapiers habillent ses pages qui portent des chausses vertes, des carmagnoles de velours noir, des pourpoints de damas violet, des chaperons de velours, des bonnets noirs; et Louis trouve que leurs écharpes à grands feuillages d'argent ne sont pas assez riches. Il. commande de fort beaux tapis fleurdelisés. Il a de grands chevaux. La garde écossaise? fait bel effet, sous le commandement de William Stuyers ?, dans ses jaquettes de drap rouge; vert, blanc, la plume à la salade. Le roi fait réparer ses armures. Il a sa belle épée, la « bien-aimée » ; il porte des jaquettes, des carmagnoles, des pourpoints mi-parti blanc et
1. Arch. Nat., KK. 67. — 2. Dans les documents, Guillaume Stuyer. Mort en 1471, il fut remplacé par Robert Cunningham. En 1478, voir l’état des gentilshommes de l'hôtel retenus récemment pour la garde du corps (fr. 78b7, fol. 1).
rouge, à la mode italienne, sur l’armure. Les brodeurs ont tissé de fils d’or le cerf ailé sur son mantelet. Lui aussi met la plume au vent'. Quand il entre dans les villes avec son escorte, Louis fait très honorable figure.
Le roi a maintenant son ordre de Saint-Michel. Quand il préside la première assemblée, Louis se tient au milieu de ses chevaliers, dans la grande robe bleue fleurdelisée, portant le beau manteau de soie blanche, le grand bonnet noir d’où débordent ses cheveux qui sont alors longs et abondants*.
Ainsi le roi Louis est un homme qui a su s'adapter à toutes les circonstances”. | !
Nous ne pensons pas à cet aspect du roi en représentation, au train de sa maison, parce que nous connaissons surtout Louis par les chroniqueurs bourguignons qui veulent l’humilier sous le faste de leurs ducs. Mais les comptes de la maison du roi que nous possédons, s'ils he sont pas très nombreux, infirment leurs assertions. Louis a su faire figure de roi. Il n’est pas celui qui se perd toujours dans la foule, loin de là.
Le roi a une maison analogue à celle de son père“. Nous y trouvons toujours le même nombre de chambellans, de maîtres d'hôtels, de pannetiers, d'échansons, de valets de pied, d’écuyers de cuisine, de valets de chambre, de clercs, de confesseurs, de barbiers et de médecins, de gardes, une écurie