‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 18 sur 289 · Chastellain, IV, p · texte numérisé non relu

Chastellain, IV, p

Mais la paix anglaise, c’est la famine en Angleterre, puisque les Anglais n'ont ni blé, ni vin. Le seigneur de la Barde échoue dans le projet d'entraîner Anglais et Français contre les Turcs. Puisque ce n'est pas la paix, ce sera la guerre.

Oui, le roi Louis médite sur ce grand problème : chasser les Anglais. Sans doute faudrait-il pour cela faire une bonne amitié avec la Bourgogne?. Mais la Bourgogne, c’est aussi un gros morceau que convoite Louis. Et il taquine le vieux Philippe, qui est en ce temps-là très malade. Le roi défend qu'on achète le sel aux salines de Bourgogne *. |

Ah! le vieux duc voit bien à qui il a eu affaire! Il a mis le loup dans la bergerie et on l’entend publiquement dire : « Ce sont les guerdons (récompenses) que j'ay pour bien faire et d'avoir porté celuy qui mesme me quiert à deffaire. Ce sont jà deux ou trois horions que le roy me baille tout en un an. C’est trop, et trop tost commencé. À longuement vivre et faire ainsi, le continuer me donroit annuy; j'y remédieray, si je puis; j'en escriray à mon président, à Dijon... »

Philippe, morose, voit bientôt arriver des ambassadeurs du roi Louis. L'un est Dunois, et l’autre Pierre de Brézé, le grand sénéchal. Le roi vient de le tirer de sa prison de Loches. I sait que Brézé est un preux chevalier, que c’est l'homme de France qui connaît le mieux l'Anglais. Il lui expose un projet magnifique. Marguerite d'Anjou, la fille du roi René, lui a demandé des secours contre le roi Édouard, et le roi les a promis. L'enjeu sera la cession éventuelle de Calais, une trêve de cent ans avec la France qui s engagera à secourir le parti de Lancastre. On va descendre en Angleterre. Le comte de Charolais sera chef de l’armée. Que la Hollande et la Zélande prêtent leurs vaisseaux et le duc

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