‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 197 sur 289 · Ibid., fol · texte numérisé non relu

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a uñe Annonciation Notre-Dame contre la cheminée et dans la salle, des terrasses à créneaux semées d’herbages où sont vingt-quatre grands arbres à fruits et des oiseaux. Les arbres sont aux armes de la ville. Au pinacle, les écussons du roi et de la reine’. On édifie surtout de belles demeures, bourgeoises et seigneuriales tout ensemble, qui sont si plaisantes avec leurs galeries, leurs vis d'escalier, leurs coins et recoins, leur mobilier portatif, leurs petites tapisseries allégoriques dont les fables résument l’expérience des gens de la terre. On est bourgeois et paysan au temps du roi Louis.

Les cartons de tapisserie que maître Henri Baude, un poète basochien, invente alors, nous aident beaucoup à comprendre ce changement de goût”. Baude, de Moulins, est le poète

. du Testament de la mule Barbeau, la vieille mule parlemen-

taire. Et c'est aussi l'écrivain qui dessine la caricature du « gorrier bragard », une espèce de demi-solde, coureur de femmes. Mais il invente, pour les artisans de ce temps, les figures nouvelles du pauvre laboureur, des ânes volants qui sortent de la trompe de Faveur, de l’imprévoyant qui coupe ‘la branche sur laquelle il est juché, du villageois qui attend sur son rocher un temps meilleur, de l’homme qui dégringole les dangereux escaliers de la cour, de la chandelle où tant de gens se sont brûlé les ailes, de l’obstiné qui veut rompre les anguilles sur ses genoux! Autant d'images où brille la sagesse paysanne. Faveur peut bien désigner Louis XI, et l’âne mitré, le cardinal Jean Balue. Henri Baude est l’auteur de brocards, d’épigrammes. On lui doit celle du barbier Olivier le Daim, lorsqu'il fut pendu en 1484. C’est un chef-d'œuvre de deux lignes :

Le daim fut au collet tendu En vert may par le col pendu.

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