‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 198 sur 289 · Arch. com. de Tours, CC · texte numérisé non relu

Arch. com. de Tours, CC

2. J'ai étudié ces cartons d'après le ms. fr. 24461 dans mon Hisloire poélique du quinzième siècle, II, p. 281.

Nous retrouvons ces brocards, des fantaisies analogues, au plafond du Plessis-Bourré, chez l'ami de Louis XI. Jean Bourré est un parvenu, certes; mais il a été anobli, et vit comme un seigneur. Sur les douze tasses de son service, on voit les images des pairs de France. M. du Plessis a des bassins à ses armes et au soleil royal; il possède d’admirables tapisseries qu'on lui emprunte, de beaux livres enluminés. Au Plessis-Bourré, il a une grande maison, achevée vers 1472, qui est un admirable et majestueux château, avec chapelle, grandes salles, tours, cuisines : un coffre-fort et un manoir, édifiés sur l’île artificielle de l'étang. L'époque et le voisinage recommandent la prudence. Dans ce château seigneurial, nous retrouvons les fantaisies et les proverbes qui caractérisent l'âge du roi Louis. Nous reconnaissons le personnage qui porle sur son dos une hotte de rats, et quiestle «rapporteur » si bien venu du temps qui court. On y voit le barbier novice qui s'exerce aux dépens de la sensibilité du client :

Sur barbe de foul L'on apprend à rere.

On y admire la femme avalée par un monstre étique: il ne dévore que les femmes obéissantes, et depuis deux cents ans, il mange pour la première fois! On y voit celui qui n'arrive pas à rompre les anguilles sur ses genoux :

Prenez y donc exemple à touz:

Ne vaut rien que ne porrez faire.

Une femme tient sur ses genoux une poule et une oie, ct elle lui coud l'issue du corps : :

Je cous le cul à Mahault

Pour ce qu’elle a parlé trop hault.

Vous aultres, qui cy regardez, Gardez vous bien de trop parler, Car l'on dist que trop parler nuist Et à la fois trop gratter cuist.

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