Ibid, fol
6. Commynes, I, p. 416. — 7. On entendait par Cité l’ancienne ville fortifiée qui appartenait à l’évêque, là où se trouvait la cathédrale. La Ville désigne l’agglomération, séparée de la Cité par le Crinchon, où s’élevaient le beffroi et Saint-Vaast (Cf. A. Guesnon, Portrait de la ville et cité d'Arras, 1597, tableau de Hans Conincrloo).
8. Commynes, I, p. 417. — Le texte de la composition dans Lenglet du Fresnoy, Preuves, IV, p. 503. — Sur l'état des esprits, Journal de Gérard Robert, p. 9.
livrer Arras au roi. Louis a fait son entrée dans la « cité », le 4 mars 1477. Mgr d'Esquerdes, Philippe de Crevecœur, se retire; ses gens suivront le parti qui leur convient. Lui, Mgr d'Esquerdes, prête serment au roi!
Mais Louis ne garde pas rancune aux compagnons échappés au désastre de Nancy qui ont trouvé refuge dans Arras. Ils ont pu proférer de grands blasphèmes contre le roi, faire des gibets dans la ville et sur les murs, y pendre sa croix blanche et lui montrer le cul sur la muraille et autres vilenies. N'importe : la « cité » est dans sa main, par défaut de seigneur. Ses commissaires en recueilleront les revenus en attendant que la demoiselle de Bourgogne ait trouvé un homme. Le roi n'avait pas l'intention, disait-il, d'y mettre garnison sans le bon vouloir des habitants. On reçoit les serments. Un soir, une alerte dans l’abbaye de Saint-Vaast. où dînent les commissaires et le cardinal de Bourbon. Les manants surgissent en armes et crient : « Tuez! Tuez! » Mais il n’y a qu'effroi et mauvaises paroles ?. Louis fait fortifier la « ville » de boulevards en terre.
Le roi va mettre le siège devant Hesdin *, la place forte de la” maison de Bourgogne. Le château tient pour Mademoiselle. Raoul de Lannoy rend la place, après un bombardement de quelques heures. On entre par la brèche. Le 28 avril, Boulogne-sur-Mer se donne de même aux Français. Le roi Louis, à genoux, en fait hommage à la glorieuse Vierge mère; il informe le comte de Boulogne qu'il conservera le fief en échange du comté de Lauraguais*. Les gens de Douai et le seigneur de Vergy tentent bien de rentrer dans Arras. Mais M. du Lude est entreprenant et veille : il capture la bande des Bourguignons qui ont voulu tenter le coup‘. On
. Arch. du Pas-de-Calais, série E (Compte de la ville de 1476-1495, fol. 35). . Chr. Scand., IE, p. 44-46.
. Avril 1497.
. Commynes, I, p. 418; Leltres, VI, p. 151-152, 157; Chr. Scand., nn p. 46. . Lettres, VI, p. 160; Ord., XVIII, p. 397.
. Commynes, I, p. é:o: Lettres, VI, p. 167-158.
fait un exemple terrible. On pend les insurgés et l’on coupe des têtes. Le roi Louis, qui arrive le lendemain, se réjouit de l'aventure. Vergy sera étroitement enferré.
# Alors Louis faitapprocher sonartillerie de la « ville » d’Arras qui est puissante, si le fossé et la muraille ne valent pas grand'chose. Mgr d'Esquerdesa des intelligences dans la place. La ville compose et les bourgeois doivent payer 60 000 écus. Il y a là, parmi les traîtres, M. Oudard de Bussy, procureur général d'Arras, à qui Louis avait donné une charge au Parlement de Paris : « Et afin qu’on congneust bien sa teste, je l’ay faicte atourner d’un beau chaperon fourré, et est sur le marché d’Hesdin, là où il préside ! ». La tête coupée est là, avec son chaperon d’écarlate fourré de laitice, au bout d’un chevron. On lit l’écriteau : Cy est la teste maistre Oudard de Bussy, conseiller du roy en sa couri de Parlement de Paris*. Denis Cousin, comme un autre M. Antitus, le bourreau, travaille ; il coupe des têtes. Et Mgr du Lude empoche des écus.
Le roi était entré le 25 avril dans la «cité » d’Arras.et le 4 mai dans la « ville ». Il pénètre à cheval par la brèche. Sur la place du Petit Marché, il dit aux bourgeois : « Vous m'avez été fort rudes, je vous le pardonne. Si vous m'estes bons sujets, je vous serai bon seigneur“. » Mais il fait trancher la tête à l’un des capitaines de la ville, Pierchon du Chastel, et à un arbalétrier qui, de la muraille, avait essayé de le tirer.
Le roi avait fait délivrer une lettre d’amnistie et confirmer les coutumes, au mois de mars : il les renouvelle ce jour-là *.
1, Lettres, VI, p. 158. — 2. Chr. Scand., II, p. 45-48, 365.
3. Commynes, I, p. 421. — Voir aux Arch, nat., J 050, le terrible procès somma fait par Tristan l'Hermite, des habitants d'Arras exécutés à Hesdin « pour avoir faussé le serment par eulx fait au roy ». Seize exécutions sur des informations de quelques lignes. Il y a parmi eux Oudard de Bussy, et surtout des marchands qui déclarent tous avoir voulu aller vers Mademoiselle pour lui faire part de la convention ct chercher à rétablir des relations commerciales avec Douai et Lille. — Dom Gérard Robert, p. 16, donne une autre version romanesque.
4. Voir les lettres d'abolition du 4 mai dans le Cartulaire d'Arras, AA. r2.
5. Ord., XVIII, p. 262. — Le texte de l'amnistie du 4 mai dans Lenglet du Fres-
noy, Preuves, IV, p. 510-511. —Le 5,le roi visite rapidement Saint-Vaast, prie, mais refuse l'eau bénite (Gérard Robert, p. 18).
Louis écrit à Dammartin, le 7 mai! : « Monseigneur le grant maistre, Dieu mercy et Nostre Dame, j’ay prins ceste ville et m'en voys à Nostre Dame de la Victoire. Et, à mon retour, je m'en voys en vostre quartier et vous meneray bonne compai-« gnie. Et pour ce ne vous souciés que de moy bien guider, car j'ay esperance que nous y besongnerons aussi bien que j'ay faict par deça. Au regard de ma blessure, s'a esté le duc de Bretaigne qui le m'a fait faire pour ce qui me appeloit le roy couarl : et aussi vous sçavés despieça ma coustume, car vous m'yavez veu autresfois ! »
Ainsi plaisante le roi, qui était brave, en effet. Maïs, ici, il a été cruel. Les officiers se montrent particulièrement exigeants dans les réquisitions et ils abusent des pots-de-vin *.
Après la révolte, Arras est foudroyée par ses bombardes. Il n'y a plus de muraïlles. La ville est taxée à 4oooo écus d'amende. La « cité » sera fortifiée à nouveau de fortins, mais contre la « ville ». Louis est de plus en plus exaspéré par les ferments de la révolte. S’il se montre indulgent pour la «cité », il manifeste sa haine pour la « ville » . Au mois de juillet, il attend l’arrivée du roi de Portugal qui se loge à Saint- Vaast. On sonne les cloches, mais c’est pour célébrer les défaites des Flamands. On porte à Paris la vaisselle d'argent pour trouver l'or exigé pour le prêt du roi. On donne lecture devant ce peuple rebelle du traité que Louis vient de signer avec les ambassadeurs de Bretagne (9 juillet). Le roi veut en finir. Il va réunir pour toujours Arras au domaine.
1. Chr. Scand., II, p. 366.— Guillaume de Cerisay est gouverneur provisoire d'Arras en mai, et Jean Gosson, lieutenant-général d'Artois (BB. 9). En juillet, Antoine de Crèvecœur sera nommé gouverneur et bailli d'Arras ({bid.). |
2. Arch. du Pas-de-Calais, série E, compte de 1476-1477, fol. 39. Tristan, le prévôt des maréchaux, en particulier, On fait nettoyer le petit marché de la ville surpeuplée par l’afflux des gens des villages voisins, Normandie le héraut publie que tous ceux qui ne payeraient pas l'impôt du roi « seront cxécutés rigoreusement » . (10 juin),
3. Cartulaire d'Arras, AA. 12 (juin 1477). — Cf, Dom Gérard Robert, p. 21.