CURE
Mlle de Bourgogne se trouvait alors à Gand au milieu d'une de ces révolutions populaires qui soulevaient périodiquement la ville : les Gantois lui font confirmer leurs privilèges. Les ambassadeurs du roi s'y rendent et rencontrent les délégués des États!. Ces derniers décident d'accepter le mariage français. Mais Louis se montre hésitant ; il se sent assuré de tenir toute la Flandre et l'Artois. Il sait au surplus que les Gantois haïssent leurs seigneurs. Il se réjouit d’une division dont il pense tirer profit. Les lettres par lesquelles Mlle de Bourgogne s’en remet à quatre personnes acquises à Louis sont montrées aux gens des États. Et voici les Gantois bien marris. Que d'intrigues autour de la jeune duchesse! Elle est inutilement humiliée. Lecture est donnée de ses lettres qui contredisent sa parole. Et les Gantois violents s'emparent de ses conseillers, Hugonet et Humbercourt. On fait leur procès et ils sont condamnés à mort, en dépit de l'appel qu'ils interjettent devant le Parlement de Paris?. Marie de Bourgogne supplie qu’on les épargne. Elle supplie le peuple sur le Marché. On en vient aux mains sur la place publique où sont décapités ses deux conseillers. On se montre les têtes des maîtres de la pauvre princesse.
Mais d'autres objets sollicitent le roi Louis qui vient d’accepter le service des Suisses *. |
A la Victoire, Louis a été informé que cinquante archers de son ordonnance, venus à Péronne pour y loger cinq de ses prisonniers, n'auraient pas été reçus. Îl se rend à Péronne où il peut craindre une rébellion. Le roi apprend le soulèvement des Flamands; il fait publier le ban et l’arrière-ban ‘, « et que tout homme noble, et non noble, privilégié et non privilégié,
1. Voir Ch. Hirschauer, les Etats d'Artois et leurs origines, p. 214.
2. Commynes, I, p. 427-431. — Le roi prendra sous sa protection les héritiers de Guillaume Hugonet (Lenglet du Fresnoy, Preuves, [V, p. 512-5x3).