Lettres, VE, p. 214-216. — 7. Ibid., p
« Aussi j'entens que, s’il y a trêve, qu’elle sera très calme. Et sachez de ceci à coup, et que j'en aye des nouvelles demain à mon lever’. »
C’est Philippe Pot, seigneur de la Roche, son ancien compagnon à Genappe, et le principal conteur des Cént Nouvelles nouvelles, qui reçoit ces instructions.
Louis, un « roï couard »! Il avait bien montré que non. Les hommes d’armes vont pouvoir prendre leurs quartiers d'hiver sur les frontières des Flandres et autres pays qui tenaient encore pour Mademoiselle?. Louis va se rendre au Plessis où il passera une partie de l'hiver.
Il s'arrête à la Victoire, près de Senlis, la vieille abbaye que Philippe-Auguste avait fondée en reconnaissance de la victoire remportée à Bouvines sur les Allemands et les Flamands. Le roi veut voir « la belle dame ilec aourée* ». Il passe à Paris, le jour de la fête de Monseigneur saint Denis, où il délivre tous les prisonniers du Châtelet. Et il donne l’ordre de faire descendre les images de pierre de saint Louis et de saint Charlemagne qui étaient aux deux piliers de la grande salle du Palais, sur le rang des autres rois. Louis veut qu'on les place au bout de la grande salle, au-dessus de la chapelle. Car saint Charlemagne et saint Louis sont d’un autre rang que les autres rois].
Louis les porte dans son cœur. Le « roi couard », il estime être de leur lignée. à
s. Lettres, VI, p. 226.
. Chr. Scand., H, 61.
. Hinéraire.
Chr, Scand., II, p. Gr.
. Ibid.
. Ibid,, p. 62. Sur ces travaux au Palais, Bibl. nat., ms.fr. 32511, fol. 574.
. IL ya lieu de rappeler le culte que le roi Louis avait pour Charlemagne. En 146:, lors de la réception des ambassadeurs florentins, Donato Acciajuoli lui offrit une Vie de Charlemagne écrite de sa main (Urbain Legeay, I, p. 281). Il résulte de l'épître XXVII de Robert Gaguin que Louis XI a consacré « à ce grand homme qui fut un saint » un jour de fête ({bid., IT, p. 450).
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C’est de sa Touraine, et du front d'Arras, où il était comme un enragé, que Louis fit la conquête de la Bourgogne. Le roi agit avec rapidité, et aussi avec beaucoup d'adresse. Il est bien l’homme qui a cité Lucain aux ambassadeurs du roi d'Angleterre : Tolle moras, sæœpe nocuit differre paratas, « qui vallentautantà dire en françois que les choses prestes à faire, s’elles sont différées, pevent nuyre? ».
Les Flamands sont des gens lourds, colériques et batailleurs. Mais Louis peut bien être renseigné sur les Bourguignons par son ami Philippe Pot, qui était des leurs. Ce sont des gens de France; ils cultivent la vigne comme ceux de Touraine. Envers eux, le roi se fait tout doux, aimable.
Du Plessis du Parc, le 9 janvier 1477, il écrit aux gens de Dijon. Charles le Téméraire est mort : c’est un « inconvénient advenu à beau frère de Bourgogne, dont nous déplait… Vous savés que vous estes de la coronne et du royaulme® ».
Louis se donne pour le protecteur de la fille de Charles, qui est sa filleule. Il veut garder le droit de la jeune fille, comme c’est son devoir. Que les gens de Djon lui fassent connaître s'ils ont même désir que lui.
Messieurs des Comptes sont en émoi. La mairie se réunit
1. L'’exposé que nous faisons est en grande partie emprunté aux documents de Dijon. Certains ont été connus par Rossignol qui, dans son Histoire de la Bourgogne, a écrit un plaidoyer partial en faveur de l'indépendance bourguignonne.