‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 212 sur 289 · La Ressource du Pelit Peuple · texte numérisé non relu

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6. Leltres, VI, p. 201. — 7. Ibid , p. 203. — 8. Ibid., p. 206. — 9. Ibid. Le 22 décembre 1477 est rendue l'ordonnance qui permet de considérer cowme des: complices ceux qui n‘ont pas révélé les conspirations contre le roi, la reine et Mgr le dauphin (Lenglet du Fresnoy, Preuves, IV, p. 532-534).

Camarade du dauphin Louis, un certain air de douceur prévenait en sa faveur. Mais toujours Jacques de Nemours a intrigué, bien qu'il ait été compris danse traité de Conflans et qu’il ait prêté au roi solennellement le serment de fidélité. Il a tenté de renouveler, en 1474, une nouvelle Ligue du Bien public. Il a cru, avec Louis de Luxembourg, qu'on mettrait la main sur le roi et le dauphin, que M. de Bourbon serait régent avec la charge du Lyonnais, que lui-même aurait le gouvernement de l'Ile-de-France. Il s'est réjoui de la venue des Anglais et il a fait mine de résister dans Carlat, de tenir tête aux officiers royaux d’Aurillac. Le roi Louis sait tout cela : on a trouvé dans les papiers de Jean d'Armagnac des lettres deluibien compromettantes. Louisa exigéque Nemours se rendit sans condition ; et il l'a fait enfermer dans Pierre Scize, la Bastille lyonnaise, sous la garde de la commune : alors sa faible têle se brouille et ses cheveux blanchissent.

On a expédié à la Bastille de Paris, le cousin du roi, issu de la maison de Bourbon, et pair de France. Louis veut un grand procès. [Il faudra bien que Nemours parle puisque le connétable n'a rien dit. Les informations, les enquêtes se multiplient à Montferrand, à Aigueperse. Ses serviteurs sont incarcérés, les uns à la Bastille, les autres à Vincennes, au Louvre. Henri de Pompignan, dit Palamède, son garde des sceaux, est mis cruellement à la torture. Le procès de Nemours, c'est toute la vieille Bastille en émoi, celle de Philippe Luillier qui fait sonder les retraits pour retrouver l'écritoire de Palamède. Le garde des sceaux avait été audacieux et courageux; il conseillait son maître : « Ne chargez, ne accusez nul ni ne vous remetez à nul pour chose qu’on vous dit... Ils diront qu'ils savent tout. Soyez sur en paroles... J'ai esté examiné quatre jours de renc et jusques à la gehenne... »

Ces lettres tombent entre les mains de moutons. Et Nemours fait des promesses à ses gardes qui le vendent. Il demande des cordes pour sortir par la cheminée de sa chambre.

Puisqu'il a tenté de s'évader, pour lui la cage de fer et la géhenne, ordonne le roi. Nemours est mis dans une autre chambre; ila froid et il pleure, demandant si on ne faisait pas d’échafaud dans la ville. Il voudrait obtenir son pardon, le pauvre Jacques qui promet pathétiquement d’être fidèle. Sa femme, enceinte, qui a tant imploré Louis, vient de mourir à la peine... Pas de pardon pour celui qui a conspiré contre le roi et le dauphin. C’est un criminel de lèse-majesté qui doit être décapité. Ainsi l’a décidé le Conseil de Noyon. Pierre Doriole a lu au Palais l’arrêt qui condamne le conspirateur à avoir la tête tranchée. Il sort de la Bastille, tremblant et blanchi. Mais c’est pour traverser Paris sur un cheval drapé de noir et être conduit aux Halles, au Pavillon aux poissons qui fut, ce jour-là, parfumé de vinaigre. Il se confesse tandis que les officiers du roi boivent le vin blanc. Il passe devant le pilori et s’agenouille sur le carreau doublé de soie de l’échafaud, au milieu du peuple de Paris si ému. Le sang d'Armagnac coule dans les rigoles blanchies pour la circonstance. Et les Cordeliers emmènent le corps dans leur église, à la lueur des torches :.

Le roi va proclamer sa loi de lèse-majesté. Et il vient de frapper rudement l'imagination des Parisiens qui pleurent celui que l’on croyait innocent et qui a demandé à être inhumé dans l’habit de franciscain.

Louis enrage. On poursuivra les Flamands jusqu'au bout, aux Blancs-Fossés, au Mont-Cassel?. Le roi leur livrera

1. Cf. Bernard de Mandrot. — La scène odieuse des enfants des Nemours placés sous l’échafaud pour recevoir le sang de leur père est sortie de l’imagination de Brantôme. Voir Chr. Scand.,I1,p. 65, 66, 367-369. — Extraits du procès dans Lenglet du Fresnoy, Preuves, IV, p. 618-530. Le ms. du procès est à la Bibl. Sainte-Geneviève, n° 2000. Le compte de l’exécution copié par Du Fourny (Bibl. nat., ms. fr. 32511) a été publié par Charles Samaran. (Soc. de l'histoire de Paris, 1927.)

2. Lettres, VI, p, 219. Le roi annonce aux gens d'Orléans la déconfiture des Flamands aux Blancs-Fossés et la prise du Mont-Cassel (Arch. du Loiret, CC. 563, fol. 24). Cf. Chr. Scand., Il, p. 68. — Le 16 mai 1478, le roi assiste à la proces-

bataille « quelque part qu'ils soient, et avons espérance, au plaisir de Dieu et de Nostre Dame, d’y faire tellement que ce sera à l’onneur, repos, pais et transquilité de vous et de touz noz bons et loyaulz subgectz! ».

Louis a été cruel. Il a dû accabler ses bonnes villes de réquisitions, de corvées de transport?. Le prévôt des maréchaux, Tristan, est à l'arrière qui pousse les convois, les bêtes et les gens. Il faut des chevaux, des charrettes, des moutons. Tristan est un vieux serviteur, rigide, comme son maître le connétable de Richemont. Il a servi courageusement, loyalement, ses rois. [Il a une manière rude parfois, quand il met en prison les marchands orléanais. Ge n’est pas cependant le bourreau de la légende. On peut s'entendre avec lui. Il boit le vin de la ville. S'il dépasse ses droits, on se plaint au roi, et Louis ne lui donne pas toujours raison. 11 sait reconnaître que les gens d'Orléans ne sont pas sujets au ban et à l’arrière-bani. |

Mais .le roi a reçu devant Arras la soumission définitive du duc de Bretagne apportée par ses ambassadeurs*; et il envoie Monseigneur du Bouchage prendre la relique de saint Laud, la vraie Croix, à Tours pour la porter à Nantes, la reliquequitueles parjures dans l'année ®. Enseptembre, devant la Bassée, Louis a vu les gens de Maximilien venir demander la trêve’. Alors il exige les habitants de Lille en otages :

sion d'Arras,-une torche à la main : les échevins portent à leur ceinture la soie blanche (Arch. com. d'Arras, BB. 9, fol. 13r Y°).

1. Lellres, VI, p. 219-220 (Lettre aux habitants d’Harfleur).

2. Les références seraient trop nombreuses aux arch. com. de Beauvais, de Compiègne, d'Amiens. — À Beauvais, comme on ne paye pas assez vite l'emprunt forcé de 600 livres, le receveur des aides menace le maire de le faire emprisonner (Arch. com., BB, 10, fol. 271).

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