‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 22 sur 289 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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On se retrouve à Saint-Pol, puis à Saint-Omer, où le roi de France avait déjà envoyé ses ambassadeurs. Il ÿ avait, du côté du roi, l'archevêque de Narbonne, l'amiral de France, le chancelier et maître Georges Havart'. |

Le seigneur de Croy° commençait de jouer son double jeu, ayant à la fois les pouvoirs de Louis et ceux du duc de Bourgogne. Les Anglais étaient représentés par le frère du comte de Warwick, prélat plein de faconde, par d’autres notables seigneurs et gens d’Église.

Le duc Philippe pensait mener l'affaire, comme il en avait l'habitude, et régler la question des trêves avec le roi Édouard. Mais, en réalité, ce fut le seigneur de Croy qui conduisit la négociation entre Français et Anglais qui observaient les uns envers les autres une attitude assez raide. Les Anglais feignaient, comme c’est assez leur coutume, de mépriser les Français et le roi Louis. A la fin, le vieux duc de Bourgogne annonça que le roi Louis ferait un pas en avant et qu'il se rendrait lui-même à Hesdin. Le seigneur de Lannoy plaît beaucoup aux Anglais en leur donnant de belles fêtes ; et le roi Édouard eût été bien heureux de pouvoir l'acheter. En réalité, le roi Louis demeura à Paris, et la trêve avec les Anglais, qui n’était d’ailleurs qu’une manière de reculer pour mieux sauter, fut conclue hors de sa présence.

Tandis que ces négociations se poursuivaient sous la présidence honorifique de Philippe le Bon, le roi Louis cherchait à atteindre un autre but. Il sait bien la puissance de l'argent ; à Paris, au mois de septembre, on le voit en ramasser par tous les moyens : : emprunts, amendes. Louis veut racheter les villes de la Somme qui sont dans les mains du duc de Bourgogne *.

Il y a déjà quelque temps que Louis rumine en secret ce

Bibl. nat., ms. 20492, fol. 72.

. Bibl. nat., ms. fr. 20486, fol. 88. Cf. fr. 6970, fol. 144, 190, 207. . Chastellain, IV, p. 337-339.

. Ord., XVI, p. 55.

Eos ?

projet. En mai 1463, il écrit à Guillaume de Bische qu’il ne faut pas en parler au comte de Charolais, « car il s’en porroit ensauvaigir de nous Î ». |

Et Pierre Doriole va partir au mois d’août à Tournai pour éclairer nos vieux amis fidèles. Le bien et l'utilité de la chose publique commandent de réunir au domaine « les choses aliénées par noz prédecesseurs, ainsy qu'à nostresacre et couronnement l'avons juré et promis ». Les villes ont été engagées au traité d'Arras à son très cher oncle. pour 400 000 écus. Nous avons trouvé le moyen, sur notre épargne, d'en prélever 200000. Nous ne pouvons faire plus. Que nos loyaux sujets veuillent nous aider, surtout ceux qui sont voisins de ces terres. Pierre Doriole demande 300 000 écus. Les gens de Tournai font un prêt de 20 000*.

Les Parisiens murmurent, comme toujours, lorsqu'ils: doivent payer des impositions ; ils évoquent l'équité et la règle. Mais il faut en passer par là, car Louis voit bien que Philippe est un lubrique vieillard$. Il veut le manier dans ses derniers jours, ce qu'il ne pourra sans doute pas. faire avec Charolais, qui est jeune et dur à ployer*. Louis. est pressé. À Paris, il a pu recevoir 200000 couronnes d'or qu'il fait conduire sous une forte garde à Abbeville où les gens du duc de Bourgogne sont mandés pour les recevoir. Et le vieux duc, qui aime à thésauriser, les fait mettre dans. ses coffres d'Hesdin*.

1. Leltres, 11, p. 118. — Sur Guillaume de Bische, « le pire subtil garson qui feust soubs la nue », voir Commynes, éd. Mlle Dupont, t. 1, p. 94, note, et Preuves, IIT, p. 199-205.

a. Lettres, 11, p. 145-1463; Amb. Müil., I, p. 294. — Cf. le compte d'Étienne Chevalier (Bibl. nat., ms. fr. 10354); la lettre d'Étienne Chevalier à Bourré (Bibl. nat... fr. 20488, fol. 92). |

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