Commynes, Il, p
milieu de lui, faire ses offrandes aux pauvres passants, aux pèlerins du Mont-Saint-Michel, et boire le vin de l’auberge, il commence à s'isoler. Il s’isole dans la chasse ; il fait poser des barrières autour de ses parcs. Il s'isole parmi ses chiens et ses oiseaux. Et quand il se déplace maintenant, il lui faut sa garde, emmener tout son monde et ses bagages sur ses grands chalands où il a des maisons de bois, avec cheminée et verrières!. [I] devient de plus en plus exigeant. Un cordelier à Paris se mêle de prêcher de la justice du gouvernement du roi, osant dire qu’il est entouré de serviteurs qui sont destraîtres et qu'ils le détruiraient s'il neles mettait dehors. Le cordelier prêche contre les vices et les voluptés. Il y a émotion dans la ville et le prévôt des maréchaux doit se rendre à Paris pour le faire taire*.
Cette guerre de Picardie tenait fort à cœur au roi et le temps lui durait. Il observait avec contrariété le duc d’Autriche qui commandait les Flamands cet venait d’assiéger Thérouanne. Louis était assez fin pour observer qu'il y avait quelque chose de nouveau qui naissait de la maison de Bourgogne. Elle était française encore, et cependant ne l'était plus. Tout le monde le comprenait d’ailleurs. Les gens du roi arrachaient les aigles de l’Empire et les foulaient aux pieds*. Au printemps de l’année 1458, le roi Louis gagna Arras‘ puis Cambrai. Il faisait rassembler les documents montrant la félonie de Charles de Bourgogne, et donnait l’ordre au Parlement d’expédier les lettres portant confiscation de ses États. Il ravitaille Condé en blé, en vins, en artillerie, en