Bibl. Nat., ms. fr
4. Bernard de Mandrot, Relalions de Louis XI avec les Cantons suisses ; Lettres, VI, p- 346-261. :
roi avait par eux la force. Mais il préférait prendre les villes par intelligences’.Iln’avait aucune confiance dans la guerre, qui est toujours une aventure. Louis l'avait éprouvé avec M. de Craon qui s’était fait prendre son artillerie et ses gens devant Dôle et qui avait évacué la Comté’. Le roi constatait aussi que ses gouverneurs en Bourgogne lui faisaient un grand tort avec leurs pilleries. Ils s’enrichissaient trop vite. Ils n'étaient pas très empressés à courir sur les bandes d'Allemands et de Bourguignons. Le seigneur de Craon fut désappointé et s’en alla fort gras®. Le roi le remplace par Charles d'Amboise, seigneur de Chaumont, vaillant homme et diligent. Il achète les Allemands besogneux et les Suisses, qu'on appelait MM. des Ligues. Le roi Louis pensionne les Cantons : 20000 livres aux quatre villes : Berne, Lucerne, Zurich, Fribourg. Il veut être leur bourgeois, leur allié. Et les Suisses promettent de lui baiïiller 6000 hommes pour son service, à raison de 4 florins et demi par mois:
Ce n’est pas là le tour d’un pauvre roi. Mais que de fatigues pour Louis qui doit remonter dans le Nord dès la fin de mars de l’année 1478°.
Le roi Louis avait décliné. Il n’avait que cinquante-cinq ans, quand Commynes observa chez lui des symptômes de maladie. Même activité, même sens dans la conduite des affaires7. Mais Louis ne se soigne pas et il n’a aucune confiance dans les médecins8. Sans doute, ce n’est encore que de la fatigue. Louis n'avait eu ni enfance, ni adolescence. II avait toujours travaillé. Lui que nous avons vu jadis, pèlerin allègre, marcher parmi son peuple, chasser près de lui, au