‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 242 sur 289 · Arch. nat., KK. 64, fol · texte numérisé non relu

Arch. nat., KK. 64, fol

La situation extérieure commandait, on l’avouera, des précautions. Tous les couteliers du royaume sont occupés à fabriquer quantité de piques, hallebardes et grandes dagues à larges rouelles! | L

L'hiver avait commencé tardivement, mais, au mois de février, toutes les rivières étaient gelées. La débâcle des glaces fut terrible, emportant ponts et bateaux. Il fait froid jusqu’au mois de mai ; les bourgeons des vignes gèlent et les fleurs des arbres?. Le roi languïit à Poitiers, aux Forges, au Plessis, à Tours. Il croit comprendre qu'il est trahi de tous les côtés. On ment autour de lui : il faut mentir. Il en avertit Messieurs du Bouchage et de, Solliers, ses ambassadeurs$. On ne fait plus de prisonniers sur les frontières de Flandres : c'est une mauvaise course où l'on pend qui est pris.

Le roi Louis le voit bien. On ne fera rien de bon avec les ambassadeurs du duc d'Autriche à une grande assemblée, « car la douairière y est‘ ». C’est la veuve implacable de Charles le Téméraire, Marguerite d'York. Restez fermes. Il faut retenir à tout prix Lille, Douai, Orchies. Si les ambassadeurs de Maximilien disent qu'ils n’osent y consentir par peur des Flamands, et qu'ils maintiennent qu’une jeune fille puisse hériter en l'apanage et à leur terre, il n'y a rien à faire. « Alors je perdrais la couronne et viendrais au royaume de Navarre. »

Louis a maintenant un camp dans la vallée de la Seine,

1. G. Oudin, p. 105, Chr. Scand., IT, p. 103.— Compiègne est taxte pour fournir 20 piques, 500 hallebardes, 600 dagucs (Arch. com. BB. 6). À Amiens, pour « les gens de guerre de son champ », on fait des hallebardes, des piques et des dagues (Arch. com. BB. 13, fol. 170). Viretons envoyés à Mgr d'Esquerdes (Arch. com. de Beauvais, BB. 6). Sans le congé du roi, il n’est permis à aucun homme de guerre de dervir un autre prince (ms. fr. 6YS8, fol. 157).

Page 1