‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 254 sur 289 · Guillaume Oudin, p · texte numérisé non relu

Guillaume Oudin, p

2. Lecoy de la Marche, pièces justificatives, n° 82 (Arch. nat., K. 186, n° 215). La charte originale datée de Paris, février 1475, est exposée sous verre à la Bibliothèque d'Angers. |

de Cerisay, Louis devint en quelque sorte le maire d'Angers :.

René songea-t-il, dans son dépit, à laisser son héritage au duc de Bourgogne ? Commynes raconte qu'il en fut question. Ce fut du moins le prétexte dont Louis s’empara. I demande au Parlement de mettre en accusation son oncle qu'il veut faire convaincre du crime de haute trahison. La décision suit, le 6 avril 1476*°, et décrète la comparution, « bien qu'il y eust matière de procéder par prise de corps ». Mais René est dans sa Provence. Louis lui a fait demander en même temps une entrevue; on lui porte la croix de Saint- Laud. Que René jure de ne plus pactiser avec les adversaires de la couronne, qu’il renonce aux duchés de Bar et d'Anjou, à cette condition il rentrerait vite en grâce et recevrait une pension de 60000 francs. Le « bon oncle » signa ce qu'on lui demanda et de ne point s’allier avec aucun des adversaires de la couronne. Au nom des villes de Provence, il remit ses engagements au roi Louis. René protesta au surplus contre les « novations » opérées dans ses duchés de Bar et d'Anjou.

Alors Louis a recours à la douceur. Il fait venir le vieux roi René à Lyon*. Il obtient la reconnaissance du fait à Angers,

1. En 14758, des commissaires seront envoyés pour mettre fin à « l’esmotion » touchant l'élection d’un nouveau maire (CC. 5, fol. 53). Il y a de lourdes amendes pour ceux-ci qui se sont réunis à ce sujet aux Carmes (Guillaume Oudin, p. 139). Des notables seront internés à Saumur pendant le séjour du roi à Angers,en octobre 1479 (BB. 1, fol. 5) ; des mesures de sûreté furent prises au mois d'avril 1483,àù l'occasion de l'arrivée dans la ville du prince d'Orange, du sire de Guéméné et des seigneursbretons (BB 2. fol 4-5). On arrête deux gentilshommes du pays d'Allemagne « pour ce qu'ils voulloient aller au païs de Bretaigne » (CC. 5, fol. 99). À la mort du roi, on conduira à Amboise deux prisonniers : « l’un nommé Lancelot le Lou, autrefois demourant à Arras, lequel avoit esté envoyé, enferré de l’une des fillettes dudit sieur, à garder à MM. de la loy par le feu roy Loys, que Dieu absolve, et l’autre prisonnier ung jeune homme natif d’'Engleterre » (Ibid., fol. 105).

2. Bibl. nat., ms. Du Puy 339, fol 205 ; Du Puy 250, 6 avril 1476 5 Arch. nat., U. 524, p. 252. |

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