PHOTO A. GIRAUDON GRAV. BRAUN
I. Médaille du Roi René, par Pietro da Milano ‘IL. Jean de Calabre son fils, par Francesco Laurana (Bibl. Nat, Cab. des Méuailles,
sire le roi « le pouvoit débattre et sauver à la couronne ». Car Louis l'empêchera par les armes ou par le droit. Il préférait user de la justice. On se retire pour délibérer. Le peuple est rassemblé : « Tous en général promirent doresnavant et à toujoursmais servir le roy de corps el de biens jusques à la mort. » Et plusieurs gentilshommes demandent de remercier le roi « des bonnes souvenances du temps passé du pays d’Anjou ».
Le roi est à Béhuard où il prie. Cerisay dit que dès qu'il arrivera à Angers, il accordera ce que les habitants voudraient demander. Quatre jours après, à la fête de Saint- Jacques, Louis était dans la ville. Les gens vont au-devant de lui. Il les reçoit gracieusement. Et les habitants d'Angers lui demandent congé d’avoir maison de ville, «c'est assavoir maire et eschevins », et aussi de diminuer les impôts. Les bonnes gens crient : Noël! Ils allument des feux de joie, dressent les tables rondes aux carrefours, remercient Dieu et prient pour Louis. Le roi allait accorder la mairie, et chaque année, deux foires franches *.
Mais on voit bientôt Louis réclamer au gouverneur d'Angers des canons, du matériel de siège. Ils’ingère dans la nomination des élus. Quelques jours après la publication du testament du roi René, Louis mettait la main sur les duchés du Bar et d'Anjou, sur leurs revenus; et Guillaume de Cerisay, greffier au Parlement de Paris, était commis au gouvernement de la ville d'Angers. René apprit ce coup d'État à Marseille. Louis organisait une municipalité à Angers, sous le prétexte de relever les ruines de la ville®. La mairie, c'était le moyen de gouvernement du roi Louis. Les bourgeois passèrent, en fait, sous un régime plus autoritaire. Mais ils délibéraient. Et par son homme dur, Guillaume