‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 264 sur 289 · PI. XXVII · texte numérisé non relu

PI. XXVII

il ne voulait plus qu'on le vit dans l’état où il était!. Il craignait d’être diminué dans son autorité. Et les correspondants italiens, qui étaient d’ailleurs des espions bienveillants, écrivaient à Milan que le roi se séquestrait luimême, qu'il était maintenant impossible de le voir et de traiter une affaire avec lui’. Car il entendait le faire seul. Louis vient de mettre ses papiers et ses chartes en ordre. Et ceux qui le connaissaient le mieux, et l’aimaient, le trouvaient bien « étrange », et comme « diminué de sens ». Le roi allait soupçonneux, triste, malade, dans le Plessis, que l’on nommait le Plessis-du-Parc ou Plessis-lez-Tours.

C'était un grand manoir que Louis avait fait élever dans l'enceinte du parc des Montils où son père possédait un logis qu'il habita longtemps. Le roi avait voulu avoir son bien à lui. Il avait acheté les Montils à Hardouin de Maillé‘ et il y avait fait édifier sa maison, le Plessis, à laquelle on travaillait encore vers 1477. Il y a là unecampagne plaisante dans cette plate banlieue, si éloignée de la sinistre légende. Le logis est confortable comprenant une suite de petites pièces avec de grandes cheminées : partout de la lumière, de larges baies. Un très gai chaînage de briques décore la façade principale, le logis du roi, d’où l'on découvre, de l'étage supérieur, la ville de Tours. Louis a une grande demeure bourgeoise, qui est moins solennelle que le Plessis de Bourré, le coffrefort qui se mire dans l'eau, et moins féodale que Langeais.

On y entre cependant par une forte poterne à pont-levis

. Commynes, Il, p. 48.

. Kervyn de Lettenhove, Lettres el négocialions, III, p. 83. . Lettres, IX, p. 268.

&. Arch, nat., KK. 52,p. 252; J. 176, n°. Cf, A. Gandilhon, op. cit., t. XXI, p. 19 et 55. | |

5. L'enceiute est close de murailles en 1473 (Bibl. nat., ms. fr. 32511, fol. 355). Les cinq clercs de la ville dirigent les ouvriers, maçons, charpentiers, menuisiers, qui portent dés charges de charbon « pour besogner et faire la maison du roi ». Ils recevront des vivres le temps qu'ils travailleront (Arch. com. de Tours, CC. 43, fol. 86 r°).

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