Commynes, Il, p. So-Sr
converse. Et, chaque mois, Coitier reçoit r0000 écus’. Le roi n'est plus un vivant. Il se cache, maigre et défait, dissimulant les crises qui l’accablent.
Est-ce le haut mal, l’épilepsie?, comme on l’a dit? Nous ne pouvons guère le savoir. Mais Louis, qui souffrait de la tête, reposait le chef élevé; il étouffait et perdait la parole. On devait aérer sa chambre et l’égayer de fleurs, de parfums*. Des bergers du Poitou, installés à Saint-Côme, viennent jouer sous les murs du Plessis de leurs bas instruments « pour le garder de dormir ». C’est du moins ce que l’on répète à Paris“. |
Il est beaucoup plus assuré que Louis,en ce temps-là, combla de dons les médecins. Se croyait-il empoisonné, comme son père l'avait pensé dans ses derniers jours ? Il est certain que Louis avait demandé une expérience de poison sur un chien ° et qu'il fit pratiquer l’autopsie d’un homme que l’on présumait être mort empoisonné. D'autres expériences de transfusion du sang ont dû être pratiquées sur lui-même’. Une nuit, les gens de Tours reçoivent l’ordre de se mettre sur les routes et d'arrêter des gens qui portaient en Bretagne des
1. Commynes, II, p. 73, 57. — Coitier sera nommé concierge et bailli de la Conciergeric du Palais en 1483 (Bibl. nat., ms. fr. 4989, fol. 4o).
2. 30 octobre .1482. Don aux quatre chapelains récemment créés en l'église de Saint-Avertin, dans la forêt de « Loñgaulnoy » (Lettres, X, p. 10). Crises de haut-malP
3. « llem, ou mois de février ensuivant, le roy voulut faire boulanger son pain d'eau d’ysope, laquelle eaue fut amassée par toutes les maisons de la ville. » On la rassemble dans une maison. L'ordre est de porter la collecte, de nuit, aux Montils (Arch. com. de Tours, CC. 46, fol. 83). Guillaume Jollet, chevaucheur à Angers, est payé « pour un veaige qu'il a fait pour porter des herbes devers le roy » (Arch. com. d'Angers, CC. 6, fol. 96, compte de 1482-1483). — 4. Chr. scand., Il, p. 122. — C'est bien douteux. La mélodie du chulumeau et de la flûte passait au contraire pour favoriser le sommeil (Propriélaire des choses, ch. des insirumens). — 5. Arch. com. de Tours, CC. 44, fol. 113. Fn 1480.— Le document a été publié par Salmon, op. cil.
6. Le 30 avril 1483, le roi fait mander au maire,à onze heures du soir, « que le grant médecin (Coitier ?) luy avoit rapporté que ung nommé Jehan Poictou, l'un des gentilzhommes de sa maison... avoit eslé tué par poysons ». Qu'on le fasse ouvrir. Poitou est enterré depuis une journée et demie. On le déterre en hâte pour qu'il ne puât pas trop. Le maire doit aller réveiller tous les barbiers et médecins de Tours (Arch. com. de Tours, CC. 46, fol. 84). — 7. C'est l'origine de la légende de Louis buvant le sang des enfants (Gaguin, tr. P. Desrey, 1514, fol. 214).
oiseaux de Turquie‘. Louis fera armer et équiper deux nefs par Georges le Grec, chevalier, pour aller « en l'Isle Vert quérir aucunes choses qui touchaient très fort le bien et santé de sa personne ? ». -
C'est loin le Cap Verti Mais Louis veut vivre, vivre encore, guérir.
1. « Ilem, oudit moÿs, le roy mande queon allast toute nuyt par tous les chemins et sur la riviere de Loire au devant de plusieurs oyseaulx de Turquie (dindons) qu'on portoit en Bretaigne pour les prendre et les luy apporter... » On achète des torches. Les gens se mettent en route, Deux jours après, on les lui apporte aux Montils, à deux heures du matin (Arch. com. de Tours, CC. 46, fol. 82"9, janvier 1483).
2. Bibl. nat ,ms.fr. 32511, fol. 360 *°.— Un fragment de Thomas Basin, découvert par Ch. Samaran, laisse croire qu'il s'agit de tortues du Cap-Vert. Suivant Eustache de la Fosse, le sang de tortue était un remède contre la lèpre et les maladies de la peau (Voyage à la Côüle occidentale d'Afrique, dans la Revue hispanique, 1897). — La chair de tortue était considérée comme médicinale, « car elle recouvre la vertu qui est perdue par maladie » (Le Propriétaire des choses, ch. des besles). — Au mois de septembre 1482, on alla en grande diligence à Florence chercher pour le roi « des poix loupins » (Bibl. nat., ms. fr. 32511, fol. 337). Les poix, comme plus haut l'anis, avaient comme vertu de chasser les fumées, les vents qui étouffent le malade.