Ibid., I, p. 112.— 3. Bibl. nat., fr. 6968, f. rr
4. Leltres, ILE, p. 121, 123, 334; IV, 87. Cf. V. de Valous, Elienne Turquet et les origines de la fabrique lyonnaise, Lyon, 1868. |
donne la possibilité d'en gagner. Le roi a une-véritable politique des foires franches qui favorisent la circulation des denrées, de la fortune. Il assure aux villes un budget, grâcé aux revenus de l'octroi, par des taxes légères sur le vin, les céréales ou les fruits. Ainsi les villes peuvent entretenir leurs murailles et leur voirie. | |
Et Louis, roi absolu, a créé beaucoup de corps élus, de municipalités. Les échevins, qui sont des bourgeois élus, sont anoblis. Qui sait si le roi Louis ne préfère pas cette noblesse à l’autre?
Comment le roi a-t-il eu une connaissance si complète des besoins de la France? Par l’expérience, celle qu'il a acquise en administrant le Dauphiné, en parcourant sans cesse le royaume, en voyant les choses par lui-même, en écoutant parler les bonnes gens.
Depuis quatre ans, à dater du départ de Genappe, Louis est en route. Le roi ne séjourne guère que l'hiver dans ses domaines de la Loire, quand les chemins sont impraticables. I1 chasse, il fait des pèlerinages, l'éternel pèlerin. Des raisons politiques lui ont imposé un séjour à Paris, d’autres en Normandie ou en Guyenne. Mais Louis travaille partout. Et tandis qu’il chemine, il organise son domaine et la France. Non pas suivant une idée préconçue, avec partout des réussites. Louis a commis des erreurs et il les a corrigées durant ces quatre années. [Il a été parfois la victime de son tempérament impulsif, de son esprit de vengeance. Il faut savoir quelle a été cette œuvre d'organisateur et d'administrateur pour. nous demander si elle justifie en rien la vaste coalition des mécontents de 1465 au cours de laquelle Louis aurait pu périr. | | | |
À Paris, au mois de septembre r46r, Louis a procédé surtout au renouvellement des privilèges des cours de justice et de finances. Le Parlement et la Cour des Aides sont la raison
d’être de Paris. L'image de la capitale, c'est le Palais qui mire ses tours et ses toits pointus dans l’eau de la Seine‘. Le roi est le chef de justice et d'équité :
Le roy seant au throsne de justice,
dira Pierre Choisnet*.
Louis s’avanceles mains pleines de grâces vers sa Touraine, confirmant les privilèges d'Orléans”, ceux de Tours“, de Niort5, donnant des foires à Montargis6. La Loire sera libre de péages”; Notre-Dame de Cléry, ruinée par les guerres, exempte d'impôts ®. Louis n'oublie pas ses bons amis de la Rochelle®. Il anoblit les conseillers à Niort qui va avoir un siège royal ?°. Louis donne l'apanage du Berry à son frère !!, Tours aura un corps de ville ?. Et le roi s’avance pacifique, donnant des lettres d’absolution à quelques émeutiers qui se sont révoltés contre les impôts à Reims et à Angers ‘*. Les gens du Midi savent quel est le nouveau roi qui vient de donner des privilèges au Parlement et à l'Université de Toulouse '!, de confirmer l’union de Condom au domaine immédiat **, Les gens d'Avignon auront un marché ‘, et ceux de Valence verront renouveler leurs privilèges et ceux de l'Université .
Mais Louis va aussi innover, d’une manière qu'il regrettera et corrigera bientôt. Le 27 novembre 1461, à Tours, il abroge la Pragmatique sanction ". Il s’agit d'un acte de son père et Louis défère à la requête de Pie If. C'était la fin de